Akongo

Les Bakongo, comme les autres ethnies bantu, croient en un Etre Suprême. En Afrique centrale de l'ouest, cet Etre Suprême est appelé Nzambi, Nzambe, Njambe, Anambie, etc.

Tous ces noms dérivent d'une même racine qui semble signifier le véritable phénomène de lumière du début, la lumière éblouissante, la lumière du ciel.

La même racine se retrouve dans les mots my-nya, i-nyi, mw-ini, la lumière du soleil, la lumière du jour.

Le mot Nzarnbi semble signifier le « distributeur de la lumière », l'Etre qui envoie la lumière du jour, celui qui allume l'aurore à travers le firmament, celui qui étend l'arc-enciel dans sa totalité.

En langue Kikongo le verbe YAMBILAKANA ou ZAMBILAKANA veut dire ETRE PARTOUT.

De ce verbe provient le mot YAMBI ou NZAMBI qui veut dire L'OMNIPRESENT donc CELUI QUI EST PARTOUT donc DIEU ou AKONGO.

Souvent les mots (attributs) Mpungu, Nene, Mpungu Tulendo, sont attribués à Nzambi. Mpungu veut dire Aigle (Mbemba)....Donc l'Aigle du Ciel.  Nzambi Mpungu Tulendo pourrait donc être traduit : « Le Tout Puissant Distributeur de Lumière dans le Ciel (le Haut) » ou LE DIEU AIGLE TOUT PUISSANT ! 

Ce nom Nzambi est le même que Chambi, que les ancêtres des Bakongo ont gardé quand ils avaient quitté le pays de Chari au sud du Soudan. Ce nom a été préservé par plusieurs tribus qui sont allées du Chari vers l'Afrique centrale de l'Ouest. Nous le rencontrons aussi parmi les Bateke et les Herero.

Nzambi Mpungu vit au ciel. Personne ne l'a créé.« Nzambi est le plus grand, le plus ancien, nous sommes tous petits et faibles. Nzambi est au ciel », disent les Bakongo.

Dans les mythes, Nzambi Mpungu est mentionné comme le Dieu Créateur de toutes choses. Il créa le ciel, la terre, les montagnes, les rivières, les forêts. Il créa les animaux sauvages et créa aussi l'homme avec de l'argile.

Les proverbes, qui sont aussi anciens si pas plus anciens que les mythes, parlent de Nzambi. Ils ne sont pas très nombreux, mais cela peut s'expliquer par le fait que le nom de Dieu, Nzambi, était tabou dans l'ancien temps et ne pouvait pas être utilisé dans la conversation quotidienne.

Néanmoins, les proverbes, même peu nombreux, sont de très grande importance lorsque nous tentons de comprendre la croyance des Bakongo en un Dieu Suprême, Nzambi, et sa relation avec l'homme et le culte des fétiches?

Quelques-uns de ces rituels se trouvent seulement dans le rituel du nganga nkisi (prêtre du nkisi) quand il traite les malades; ils expriment la croyance du peuple concernant la valeur limitée des nkisi et la part importante que Nzambi, l'Etre Suprême, a dans ce culte, sans être aucun nkisi.

Aucun dieu-nkisi ne saurait soigner les malades si Nzainbi ne les soignait pas en même temps. 

Nzambi wumba, wu kavanga.  Nzambi malaxa (créa avec) l'argile, il détermina la durée de la vie».

Nsengo kwa ngangula, vo i mawuta kwa Nzambi Mpungu. « La houe est l'oeuvre du forgeron, quant à la fécondité, elle est l'oeuvre de Nzambi Mpungu ». 

Ce proverbe est souvent utilisé pour réprimander ceux qui, en famille, blâment et insultent une jeune femme qui ne met pas au monde.

Le forgeron peut fabriquer la houe, mais il est impossible à l'homme de fabriquer la vie si Nzambi Mpungu ne le veut pas. Celui-ci est le créateur qui règle la fécondité de l'homme, de l'animal et de la plante.

Ce proverbe montre également que Nzambi n'est pas un« deus otiosus ». C'est un Dieu qui prend part à la vie de l'homme. Sans Nzambi, il n'y a pas pas de fécondité.

 Kutombi Nzambi ko, Nzambi kamonikanga ko. «Ne cherchez pas Nzambi, Nzarnbi ne peut être vu». Il ne sert à rien à l'homme de le chercher. Nous pouvons voir ses actes, mais lui-même est invisible. Mais il n'est pas inactif. Souvent il intervient dans la vie de l'homme; ille fait plus souvent que nous ne le réalisons.

 E nleke, wa mambu mami, Nzambi wazingila vo.« Eh, jeune homme, écoute mes paroles, Nzambi vit là ».

Ce proverbe est l'exhortation d'un vieux chef aux jeunes gens dans la famille lorsqu'il sent s'approcher la mort: « Ecoutez mes recommandations et mes paroles, vous les jeunes, je vais mourir, mais il y a quelqu'un qui ne meurt pas, Nzambi ».

D'autres maximes des Bakongo montrent qu'ils croient que Nzambi est un Dieu éternel:« Il ressemble à un homme, mais son caractère est semblable à celui d'un roc, il est ferme et ses actions sont irrévocables. Il est le protecteur de la justice ». 

Quand les Bakongo prêtent serment, ils prennent Nzambi à témoin, lui demandant de punir celui qui viole le serment.

 Wabuku, buku ye Nzambi.« Quand tu es traité, sois traité par Nzambi ». 

 Le mot buka signifie traiter une personne malade avec des plantes médicinales (nkisi-medicine). Ce proverbe implique que lorsque le nganga buka (nkisi-priest, guérisseur) traite une personne malade, une partie de ses rites est un culte rendu à l'Etre Suprême, Nzambi. Celui-ci ne doit pas être négligé. La réussite du traitement par le nganga buka dépend de l'attitude de Dieu - bonne ou mauvaise - vis-à-vis de la personne malade. C'est Dieu qui agit à travers le nkisi, guérissant le malade. (Pour une explication plus complète, voir le soustitre Nkisi.) C'est pourquoi, la prière du nganga buka est incorporé dans le proverbe suivant.

Buku mu kati, yabuka ku mbazi.«Sois traité dedans, moi je traite dehors». Le nganga buka connaît ses limites, à savoir que la seule chose qu'il puisse faire est de fournir le traitement extérieur; il accomplit les rites usuels et fixés: Nzambi, le Dieu Suprême, doit faire le reste, traiter dedans.

Cela est encore plus clair dans le proverbe suivant.

Nganga ubukanga i Nzambi Mpungu«Le prêtre (nganga) qui traite, c'est Nzambi Mpungu ». L'explication (de ce proverbe) qui suit est donnée par un autochtone qui a une excellente connaissance des temps anciens.

« Le prêtre (nganga) est le féticheur. Il fait un grand travail avec ses médicaments. Les malades viennent pour être guéris. Mais parfois au lieu d'être guéris, ils meurent plutôt. Quand le prêtre voit que le malade qu'il soignait meurt, il dit : Mpungu kena yandi ko. Mpungu n'est pas avec lui'. 

Les prêtres croient qu'ils soignent le corps à l'extérieur, mais il y a un autre Etre qui soigne l'intérieur. C'est Nzambi Mpungu. Ils savent que personne ne peut être guéri sans lui. Le pouvoir du nom de Mpungu dépasse celui des médicaments-fétiches. »

Cela implique que Nzambi accomplit ce travail en secret, quand le malade dort, comme le proverbe suivant le montre.

 Nzambi ku tulu kabukitanga. Nzambi traite le malade quand celui-ci dort.   Littéralement : Nzambi traite dans le sommeil.

« Les anciens dans le passé », dit Bahelele, « croyaient que le malade était aidé par Dieu pendant son sommeil ». Ce n'est donc pas un « deus otiosus », mais un Dieu près et actif, qui s'intéresse à l'individu et l'aide.

Cependant, ce n'est pas toujours la volonté de Dieu qu'un malade guérisse; ainsi il meurt. Dans ce cas, le nganga buka (le prêtre-fétichiste) est considéré comme étant impuissant, sans aide. La famille ou le dan peut alors en appeler au nganga ngombo, le devin, dont la fonction est de découvrir si le malade est mort de sorcellerie (kindoki) ou de la volonté de Nzambi. Dans ce dernier cas, il n'y a rien à faire.

D'autre part, si un sorcier (ndoki) a« mangé» la personne morte, un prêtre différent (nganga doit être appelé pour identifier le sorcier. 

Nzambi kalomba koko, navani! Kalomba kulu, navani! Kadi kayimunwanga lekwa ko.  «Si Nzambi demande la main, donne; s'il demande le pied, donne. Nzambi ne peut se faire refuser rien. » 

Dieu est Tout-Puissant. Il fait ce qu'il veut, puisqu'il surpasse tout nkisi et tout homme. Personne ne peut faire quoi que ce soit à Dieu. Il est le Suprême. S'il te demande quelque chose ou fait tomber quelque chose sur toi, tu dois seulement te soumettre à sa volonté.

Cela est encore plus clair dans les proverbes suivants.

 Nkole yakanga Nzambi ka yilendi kulwa kwa muntu ko. « Le prisonnier arrêté par Nzambi ne peut être libéré par personne ».

Quand le nganga (prêtre) est impuissant, les Bakongo disent que Dieu a rendu la personne malade.

Dans ces conditions, elle ne peut pas être guérie. Ils expriment ce fait en disant: « Nzambi l'a mangée», Nzambi undidi. Cela ne veut pas dire que les Bakongo croient que Nzambi est mauvais. Ce dernier n'a rien à voir avec les sorciers qui « mangent » les gens. Cela veut simplement dire que Dieu est le  Tout-Puissant qui reprend ce qui lui appartient. Mais Nzambi n'aime pas tout le monde.

Selon le proverbe suivant, c'est seulement la personne parfaite et bien portante qui mourra sans souffrir longuement, ou une personne qui atteint l'âge mûr.

Na mpungu kadie kiabola. « Le Mpungu ne mange pas le malade ».  

Si c'est un jeune homme, ou un enfant, ou un vieil homme, ou une vieille femme qui meurt, ils pensent que Nzambi l'a mangé.

0, Nzambi Mpungu! Kudie buko ko, undidi nkento.«Oh, Nzambi Mpungu! Ne mange pas ma belle-mère, tu as déjà mangé ma femme! » 

« Les anciens», dit Bahelele, « pensaient que si une personne n'était pas 'mangée' par les sorciers (bandoki), alors Nzambi était en train de le 'manger'. »

Cette prière était donc adressée à Nzambi Mpungu: «Tu as déjà mangé ma femme, ne mange pas ma belle-mère, sinon je n'aurai personne pour préparer ma nourriture».

 Malu ma nioka Nzambi zeyi mo.  « Nzambi connaît les pattes du serpent». Nzambi connaît tout. Il connaît les choses secrètes de tout le monde et de toute chose. De lui vient toute la sagesse.

Nzambi est la cause de tous les événements inexplicables dans la nature. Quand les Bakongo, étonnés, remarquent que le Soleil cesse d'éclairer au milieu de la journée, ils disent:« Maintenant Nzambi a fermé les yeux au milieu du jour ». Cela est leur conception de l'éclipse. Quand l'éclipse est terminée, ils disent: «Maintenant Nzambi voit de nouveau».

En temps de famine, ils disent: «Il (Nzambi Mpungu) a durci son coeur et ne  nourrit plus ses gens ».

Un autre adage montre que les Bakongo croient que Nzambi est le vrai souverain qui tient tout en mains. << Nzambi le gouverne, il n'accepte pas qu'il soit pris. »

Nzambi vit au ciel, mais il visite aussi ses gens sur la terre et il sait tout à leur sujet. Quand, soudain, un silence spontané se fait au cours d'une conversation, les Bakongo disent : « Nzambi est passé », Nzambi viokele.

A la question de savoir pourquoi l'homme a été créé, les Bakongo répondent : « Pour vivre et avoir des enfants, cultiver la terre, élever les animaux, gouverner le pays et veiller les uns sur les autres en priant : « Nzambi Mpungu, tu es au ciel, toi grand Nzambi ».

D'autres adages peuvent aussi être interprétés comme des prières : « Nzambi, je suis seul ». Ceci est dit quand on médite sur la mort et qu'on est resté seul. En temps de famine, ils prient : « Nzambi Mpungu qui es au ciel ».

Il y a aussi une ancienne invocation à Dieu demandant de venger l'innocent persécuté par quelqu'un. La personne innocente va à la bifurcation d'une route, joint ses mains, regarde et lève fortement ses mains au ciel en disant: «Toi, Nzambi, tu possèdes ton esclave; si je suis un ndoki, toi Nzambi, tu le vois; mais si je ne le suis pas, toi Nzambi tu devrais regarder ces gens du village et venger ceux qui vivront après moi. Balaie, emporte-les! ».

Les Bakongo savent que Nzambi seul peut changer les circonstances, lui seul est tout-puissant:« Nzambi est le plus puissant et le plus ancien, nous sommes tout petits et faibles. Nzambi est au ciel ».

Nous avons déjà vu, dans les proverbes, que Nzambi est le souverain de la vie et de la mort, du moins considéré ainsi.

Beaucoup agissent selon Nzambi, c'est-à-dire ils font les choses telles que Nzambi les a planifiées pour eux, ils doivent mourir. Les Bakongo se soumettent à la volonté de Dieu, disant:« Nzambi l'a voulu ainsi».

Toutefois, la mort n'est pas la fin de tout. Il y a une vie après la mort et les Bakongo disent : «Je vais mourir, mais Nzambi reste, j'irai au ciel».

Si un parent meurt et la tristesse est grande, ils se plaignent:« Nzambi a volé, Nzambi a pris». C'est aussi Nzambi qui fait perdre les esprits: « Nzambi vide la pirogue». Cela veut dire qu'une personne devient mentalement malade, elle est vide comme une pirogue « sculptée ».

Nzambi est bon, gentil, miséricordieux. C'est pourquoi les Bakongo se souhaitent la bénédiction de Dieu avec ces mots : « Que Nzambi te rende sain et fort». Ils dépendent de lui. «Si Nzambi n'avait pas été, je serais mort». «Oui, si Nzambi m'accorde la santé, je viendrai».

«Les anciens ne parlaient jamais de manière humiliante de Nzambi comme c'est souvent le cas aujourd'hui. Nous avons toujours entendu que les mauvais esprits et les sorciers mangeaient les gens. Quand la maladie et la souffrance devenaient trop grandes, nous invoquions Nzambi et demandions sa grâce ». 

Les anciens avertissent les jeunes gens d'être respectueux de Nzambi dans ce proverbe: <<Le vampire insulta Nzambi ». Ngembo wafinga Nzambi. Le vampire insulte Nzambi en s'accrochant par un seul orteil, la tête en bas et le croupion vers le ciel. Cela est, pour les anciens, très irrespectueux.

L'adage suivant est aussi une exhortation aux jeunes à respecter Dieu :

« Laissez Dieu écrire, pas nous ».

Les Bakongo croient que les lignes sur nos mains ou ailleurs sur notre corps sont les dessins ou l'écriture de N zambi. Il a écrit ses voies, nzila zandi, sur nos mains et sur notre dos. Il marche sur ces voies sur notre corps. Les anciens essaient d'enseigner cela aux jeunes. Ceux-ci ne sont pas autorisés à tracer des signes ou des lignes qui se croisent sur la terre. S'ils le font, Nzambi les corrigera. Il a créé la terre. Il ne dessine pas de croix sur cette dernière. Les anciens disent que ce serait jouer avec les écrits de Dieu sur notre corps que d'intimider de telles lignes sur la terre. 

Nzambi a le pouvoir de punir tous ceux qui font du mal. «C'est le souci de Nzambi. Nzambi se venge»....Ingeta ! Ibobo, Ibobo !

Nous les Adeptes de Bundu dia Kongo nous invoquons TATA NZAMBI'A MPUNGU matin, midi et soir en ces termes :

NGUDI’A MBILA 

Wanga mbila NE MPUNGU’e, wanga UHM !

Bika ntemo wa ngindu za TATA NZAMBI’A MPUNGU wakulumuka mu ntini zazo za Kongo ye fuluza ntu mia bana bandi babo.

Bika zola lua ntim’a TATA NZAMBI’A MPUNGU kuakulumuka mu yinza dia Mfumu’eto ye fuluza ntima mia bana ba bantu mu nza.

Bika tukanu tua TATA NZAMBI’A MPUNGU tuafuluza ntini zazo za Kongo ye tuadisa luzolo lua babo mu mamo.

Bika tukanu tua zola ye ntemo tuasanduka mu kanda dia bantu ye yumisa ntava ngolo za mbivusu mu nza.

Bika Zola, Ngangu, ye Lendo bialungisa tukanu tua TATA NZAMBI’A MPUNGU vava ntoto.

TATA NZAMBI wutumuene NE MUANDA KONGO na budimbu

Kubele Bakulu kubele bantu Nsongo na nsongo zimene betana NE MPUNGU’e, wanga UHM !