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Un homme avait placé une nasse dans la rivière. Na Ngola vint se faire prendre dans la nasse. Il s’écria : « Eh ! (Na Masa) Mère Eau ! je me meurs! »

L ’eau de répondre : « Ne gémis point, un jour nous nous reverrons ! »

L ’homme prit le poisson qui cria encore une fois : « Eh ! Mère Eau, on m ’emporte ! »

Et l ’eau de répartir : « Pourquoi parler ainsi? un jour nous nous reverrons ! »

On se rendit au village, et l ’on fit boucaner Ma Ngola : « Eh ! Mère ! on me boucane, eh ! Père ! »

L’eau murmura : « Pourquoi parles-tu ainsi? ne dis plus cela... Si l’on te traite de la sorte, si tu meurs, n ’est-ce pas toi qui l ’as choisi ! »

Quand on l ’eut boucané, Na Ngola prit encore la parole : « Eh ! Mère Eau, ils me fixent à une baguette, eh ! Mère ! » Il gémit encore : « Malheur, malheur à mon père! je suis fixé à une baguette ! »

L’eau intervint encore une fois : « Cesse de parler ainsi, là où tu iras nous nous reverrons encore ! »

Quand le poisson fut séché, on le trempa dans l’eau pour le manger : « Eh ! pauvre de moi, soupira-t-il, on m ’a trempé dans l ’eau ! »

L ’eau qui se trouvait dans la cruche lui répondit : « Ne dis pas cela, toi et moi nous serons ensemble. »

L’on mangea le poisson et Ma Ngola s’écria : « Eh ! malheur ! l ’on me mange ! »

On le mangea. L ’eau ne tarda pas à le suivre à l ’intérieur là où était allé Ma Ngola. Ma Ngola et l’eau se rencontrèrent tous deux.

Voilà l ’histoire de Ma Ngola et de Na Masa qui depuis lors ne s’aident plus.

Note :  Le ngola, sorte de poisson-chat, vit dans les eaux boueuses, dans la vase aux bords des rivières. On comprend alors la conclusion de la fable.

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