25 décembre 2009
LA VOUTE CELESTE DES FILS DU NIL
Pendant plus de 3000 ans, les égyptiens vécurent sous l’oeil de Rê. Gardienne et responsable de la création, la divinité solaire leur inspira un calendrier trempé dans les eaux d’un Nil grouillant de
mythes.
Les égyptiens devaient détester le mot fin… Dans l’incroyable bestiaire que nous ont légué les enfants du
Nil et de Pharaon, il n’est pas d’image qui représente mieux leur conception du cosmos que celle de
L'ouroboros, le serpent qui se mord la queue. L’Univers ne se maintient que par la grâce d’un enchaînement
perpétuel de cycles, dont le plus évident pour nous est celui du Soleil. Chaque jour, il apparaît, parcourt le ciel puis
disparaît, cédant la place aux ténèbres nocturnes. Chaque année, il entame la longue expédition physique et
métaphysique qui ramène la crue bienfaisante du Nil à date fixe. Mais s’il ne revenait pas ? Chaque fin de journée,
chaque fin d’année, ce sont l’harmonie et l’équilibre du monde qui sont remis en cause. Menacé régulièrement de
disparition, il est aussi en constant renouveau, sans cesse renaissant des cendres du temps écoulé.
L’Univers étant en re-création permanente, les cosmogonies égyptiennes, les récits de la genèse, préfèrent parler
d’une Première Fois plutôt que d’une mise en place définitive. Il n’y avait alors que le Noun. Il est l’incréé, mais pas
le néant. Bien que le Noun ne connaisse ni temps, ni espace, ni lumière, ni vie, les germes du cosmos se trouvent
en lui à l’état latent. La première chose qui émerge de cette mer infinie est une butte sur laquelle le démiurge en
sommeil dans le Noun peut prendre pied. Son identité et la manière dont il s’y est pris pour donner forme au
monde varient en fonction des villes et des régions. Chaque cité importante revendique son propre patron comme
créateur : Ptah, fondateur des arts et métiers à Memphis, le grand Amon, divinité tout-terrain, à Thèbes. Ailleurs,
c’est Neith, la grande vache primordiale, qui a engendré les dieux présidant à la création. Au fil du temps et des
tractations entre prêtres, c’est la version née dans la ville d’Héliopolis qui s’imposa. Les dieux locaux durent
composer avec la forte personnalité de Rê, devenue divinité pharaonique par excellence. Amon, par exemple, se
para sans complexes des attributs du dieu solaire et devint Amon-Rê.
Le démiurge héliopolitain est l’entité “trois en un” Atoum-Rê-Kephri. Atoum en est le principe créateur, celui qui,
en grimpant sur son tertre, va d’abord se donner à lui-même forme et existence. Planté au milieu du chaos, solitaire
est son plaisir, et de sa semence — ou de son crachat — jaillissent Shou et sa soeur Tefnout. De un, Atoum devient
trois. Shou est la lumière et le souffle vital, le creuset de la vie. Tefnout est la chaleur, tout en étant aussi Mâat, le
principe d’ordre et d’harmonie cosmique. Indissociables, Shou et Tefnout sont la vie. Là ou s’arrête leur action
règne le chaos : les eaux primordiales du Noun n’ont fait que refluer aux confins de l’Univers, elles n’ont pas
disparu. L’ouroboros symbolise la frontière entre les deux mondes.
De Shou et Tefnout naîtront Nout et Geb, le ciel et la terre. Ils viennent au monde si étroitement imbriqués l’un
dans l’autre que Nout, grosse de quatre enfants, ne peut accoucher faute d’espace. Shou s’intercale alors entre eux
et les sépare. De Nout sortent Isis, Osiris, Seth et Nephtys. La tribu divine héliopolitaine, l’Enneade, est au complet.
Atoum a cédé la place à Rê, seigneur et maître du monde. Il tient son royaume constamment à l’oeil, seul élément
de l’anatomie du dieu solaire qui nous soit accessible. L’oeil de Rê est son rayonnement, la couronne d’or éclatante
qui nous cache son apparence réelle. Il est chaleur, lumière, principe de vie, mais aussi brûlure et douleur. Il est
mobile et se déplace en permanence.
À peine créés, Shou et Tefnout s’en furent explorer le Noun et Atoum envoya l’oeil de Rê, dont ce fut la première
manifestation, à leur recherche. Quand il les ramena, Atoum fut si content de les voir qu’il en eut la larme à l’oeil.
De cette humide manifestation de l’émotion divine, naquirent les hommes. Dans une autre version, l’oeil vagabond
de Rê tarda tellement à revenir que le dieu, lassé, le remplaça. Lorsqu’il revint, il fut tellement triste de se trouver
évincé qu’il en pleura des humains. Rê le mit alors sur son front, où il devint l’uraeus, le cobra dressé.
L’oeil de Rê est aussi sa fille. Côté face, elle est Hathor, la belle et dorée déesse de l’amour. Ses représentations sont
diverses, elle est tantôt une belle courtisane à la chevelure bouclée incarnant la face rayonnante et bienfaitrice du
soleil, tantôt une vache allaitante, ou encore une femme tenant le disque solaire entre ses cornes. Côté pile, le
mauvais oeil de Rê est la terrible Sekhmet, la redoutable déesse au mufle de lionne.
Fait rarissime dans les mythologies, Rê est un dieu qui vieillit. Il vivait encore parmi les hommes lorsque ces
derniers, profitant de sa sénilité, se rebellèrent. Mais s’il n’avait plus bon pied, Rê avait encore bon oeil. Il l’envoya
écraser la sédition, et ce fut Sekhmet la puissante qui s’y colla. Elle dévasta la terre d’Égypte et commit de tels
massacres que Rê décida de mettre fin à sa mission. Il ordonna aux prêtres d’héliopolis de remplir de bière teinte
en rouge sang sept mille jarres, qu’ils déversèrent sur les lieux où la déesse avait décidé de poursuivre le sale travail.
Au matin, lorsqu’elle découvrit cette mare rouge, elle s’y rinça l’oeil et tomba ivre morte. Et c’est la douce Hathor
qui revint au bercail sous les vivas de la population soulagée.
Selon le mythe dit de la Lointaine, la fille de Rê vivait loin de son père et de l’Égypte, dans les confins désertiques
du monde. Elle était la lionne redoutable qui dévorait tous ceux qui tentaient de l’approcher. Rê se languissait
d’elle. Il l’envoya chercher par Shou et Thôt, le dieu lettré gardien du calendrier, parfois babouin, d’autres fois
affublé d’une tête d’ibis. Pour ne pas provoquer la colère de la déesse, ils prirent la forme de petits singes
inoffensifs, et Thôt lui sortit le grand jeu. Flatteries après flatteries, il parvint peu à peu à la charmer et à la
convaincre de les suivre. De plus en plus calme, elle retrouva le beau visage d’Hathor lors de son arrivée en Égypte.
Son retour fut triomphal : avec la belle Hathor revenait la vie.
Les beaux jours reviennent avec la douce Hathor, l’étoile Sirius.
Ces deux mythes sont intimement liés à l’événement capital qu’était pour les égyptiens la crue annuelle du Nil dont
les eaux couvraient les terres arables de la fin juillet à la fin octobre. Sans elle, il n’y aurait eu ni semailles ni récoltes,
et la vie aurait déserté la terre d’Égypte. Aussi, chaque année attendaient-ils son retour avec anxiété. Les jours
précédant la crue étaient particulièrement pénibles : Sekhmet la lionne sévissait, le niveau du Nil était au plus bas,
ses eaux stagnantes propices aux épidémies et, dans le ciel, Rê cognait comme un sourd. Ce n’est qu’aux alentours
du 18 juillet que l’étoile Sôthis, notre Sirius, daignait enfin mettre un terme à leurs angoisses. Ce jour-là — le
premier jour de l’an selon le calendrier égyptien —, sa réapparition dans le ciel après 70 jours d’absence précédait
de peu le lever du Soleil. Le lever héliaque de Sôthis annonçait le retour de la lointaine au bercail. La crue était pour
bientôt et le peuple, soulagé, se laissait aller aux réjouissances. Rê avait encore une fois bien assuré. Quant à la
couleur rouge de la bière, elle symbolisait tout simplement celle des eaux ferrugineuses d’un affluent du Nil. La
veille du jour de l’an, les égyptiens s’offraient des petites chiennes bouclées en terre cuite, canicula en latin,
représentant Sirius. L’étoile était parfois assimilée à Hathor et représentée sous la forme d’une vache, de temps à
autre associée à Isis, la veuve magicienne qui ramena son époux Osiris à la vie. Celui-ci l’accompagne dans la voûte
céleste sous la forme de la constellation d’Orion.
Les fils du Nil étaient des comptables maniaques du temps. L’année agraire égyptienne, scrupuleusement suivie par
les paysans, commençait à chaque lever héliaque de Sirius. Elle faisait exactement un cycle solaire, soit 365 jours
1/4. L’année administrative en revanche faisait 365 jours tout rond. Cette année comptait 12 mois de 30 jours, plus
5 jours dits épagomènes. Elle perdait tous les quatre ans une journée par rapport à l’année agraire. Lorsque le
nouvel an civil coïncidait avec le lever héliaque de Sirius, il avait lieu le 18 juillet. Quatre ans plus tard, l’année
administrative démarrait le 17 juillet. Puis, au bout de quatre autres années, le 16 juillet, et ainsi de suite. Les deux
calendriers ne coïncidaient de nouveau qu’au terme d’une période, dite sothiaque, de 1 460 ans.
Rê finit par renoncer à la Terre. Shou et Nout furent chargés de veiller sur lui. Nout, sous la forme d’une vache,
prit le Soleil sur son dos. Mais elle était si haute, la pauvre, qu’elle en vacilla sur ses pattes. Shou appela alors les
Héhou à la rescousse, huit créatures à qui il avait donné vie du temps d’Atoum, qui soutinrent les quatre piliers du
ciel. C’est-à-dire le corps de Nout, plus souvent représenté sous sa forme féminine que sous celle du placide
bovidé. Il est le réceptacle des astres, que Nout avale et à qui elle redonne naissance quotidiennement. Il devint
aussi la demeure que Rê ne devait plus quitter. Chaque matin, Rê est engendré par Nout. Il est alors Kephri, le
scarabée qui pousse devant lui sa pelote ronde de détritus symbolisant le Soleil et dont les enfants à peine nés
jaillissent de terre. Exactement comme Rê au petit matin. Le dieu prend place dans sa barque et la traversée du ciel
peut commencer. Kephri grandit au fur et à mesure de son périple et devient Rê, ou Rê-Harakhty, l’Horus de
l’horizon — le faucon, animal solaire par excellence — au moment où les ardeurs du Soleil sont les plus fortes.
Mais c’est le vieil Atoum, le principe créateur gros des promesses d’une énième création, qui s’enfonce dans les
profondeurs souterraines au coucher du Soleil. Lors de sa régénération nocturne, Rê se prend une belle tête de bélier.
Avant de partir, il a un dernier bon geste à l’égard des hommes : il leur offre la Lune, le deuxième oeil du ciel, pour
éclairer leurs nuits. Il en confie l’administration au dieu Thôt, à qui elle donne bien du mal. Sa disparition lors des
éclipses et au moment de la Nouvelle Lune est associée aux méfaits du terrible Seth. Son retour et sa lente
reconstitution sont l’oeuvre du bon Thôt. En effet, il se trouve que l’oudjat, l’oeil-Lune, est aussi celui d’Horus.
Cette altière tête de faucon est le dernier roi divin de la Terre et le fils posthume d’Osiris qui hérita, pour son
malheur, des clés du monde au moment où Rê le quitta. Patron des agriculteurs, juste et débonnaire, il a pour
épouse Isis la magicienne. Hélas, il a aussi un frangin puissant et costaud, Seth, associé à la planète Mercure, bien
décidé à prendre le pouvoir. Il découpa Osiris en rondelles qu’il jeta dans le Nil, où Isis, aidé de sa soeur et épouse
de Seth, Nephtys, les récupéra. Avec ces restes et l’aide du chacal Anubis, patron des embaumeurs, elle
confectionna un pain perdu d’Osiris : une momie, la toute première, à qui elle insuffla de nouveau la vie. L’histoire
ne précise pas vraiment comment son époux, même réveillé, s’y prit pour lui donner un fils, son membre viril ayant
fini dans l’estomac d’un poisson. Horus grandit dans les jupes du Nil (les papyrus) et de sa maman, jusqu’à ce qu’il
s’estima assez grand pour réclamer son bien. “Mon oeil !” fit Seth en arrachant et mettant en pièce celui d’Horus.
Fort heureusement, Thôt put recoller les morceaux de la Lune qu’il remit dans la bonne orbite.
OEil pour oeil, dent pour dent : Seth perdit ses deux testicules dans l’affaire et il s’en alla lutter dans la barque de Rê
contre le vilain serpent Apopi, symbole du chaos qui sans cesse menace la création. De temps en temps, le monstre
réussit à déstabiliser Rê, qui disparaît du ciel : ce sont les éclipses de Soleil.
Les douze signes du zodiaque, illustrant les constellations qui jalonnent le parcours annuel du Soleil dans la voûte
céleste, ne firent leur apparition que très tard au pays de Pharaon (au début de notre ère), via les Grecs et les
Romains. Les égyptiens ne cédèrent pas pour autant à la mode des horoscopes. Selon la grande égyptologue
Christiane Desroches-Noblecourt, les zodiaques qui ornent les couvercles de sarcophages ou les murs des temples
n’ont rien à voir avec le destin personnel des individus mais, à leur nouvelle manière, ils représentent le cycle
d’Osiris. Le cycle annuel solaire, celui qui ramenait la lointaine à date fixe, était intimement associé au mythe
d’Osiris. Chaque année, la même histoire recommençait. Osiris se faisait momifier et bichonner par Isis pendant
une partie de l’hiver et du printemps. ressuscité en été, il avait juste le temps de planter sa petite graine d’Horus
avant de se faire de nouveau saucissonner par Seth et expédier dans les limbes. Les amateurs de jeux quantiques
apprécieront : dans le mythe, Osiris est Rê lors de sa résurrection.
À la succession des étapes de l’existence mouvementée du dieu correspondait celle des événements rythmant
l’année : inondation, semailles, germination ou récolte… Aussi les égyptiens représentaient-ils volontiers leur
calendrier, symbole de la perpétuation du cycle divin et garant de l’éternité pour le défunt. Après avoir passé avec
succès les différentes étapes de sa métamorphose, celui-ci rejoignait Rê dans sa barque et finissait en étoile.
A lire :
- Le Zodiaque de Pharaon, par Christiane Desroches-Noblecourt, Archeologia n° 292, juillet-août 1993.
- Mythes et Dieux, le souffle du Soleil, Isabelle Franco, éditions Pygmalion/Gérard Watelet, Paris 1999.
ASTRONOMIE DOGON : LES ETOILES DU SACRIFICE
Lorsque les Ethnologues ont découvert l’étendue du savoir astronomique des Dogons, ils ont été littéralement époustouflés. Les farouches habitants des falaises de Bandiagara étaient-ils les héritiers d’une science antique oubliée ? L’explication s’avéra plus simple. Pour les Dogons, la naissance de l’Univers, des étoiles, des planètes et de la Terre, c’est d’abord l’histoire d’une faute, du sacrifice expiatoire et de la résurrection d’un poisson-chat. C’est surtout l’histoire d’un amour impossible, celui d’un renard des sables et d’une étoile, le Soleil… Amma, le père de toutes choses, était potier. Au commencement, il prit une boule d’argile et en fit un oeuf d’où naquirent la Terre, le ciel, les astres. Sirius, symbolisa cette création. Deux étoiles, invisibles, l’accompagnèrent : l’une, très dense, fut appelée l’étoile du fonio ; l’autre fut baptisée l’étoile du sorgho femelle. Les astronomes découvrirent la première à la fin du XIXe siècle après avoir été mis sur sa piste par les irrégularités du mouvement propre de Sirius. Mais il fallut attendre 1994 pour que Jean-Louis Duvent et Daniel Benest, astronomes à l’observatoire de Nice, eux aussi guidés par des irrégularités de mouvement, acquièrent la conviction de l’existence du deuxième compagnon. Ainsi pourrait être résumée l’histoire d’un mystère, celui qui attendait les ethnographes lorsqu’ils ont découvert, peu après la seconde guerre mondiale, au coeur d’une Afrique que l’on disait encore sauvage et dangereuse, la cosmologie d’un peuple de paysans guerriers de la boucle du Niger, les Dogons. Le pays Dogon se situe dans l’actuel Mali, à une centaine de kilomètres de la ville de Mopti, dans une région très accidentée : les falaises de Bandiagara. Ici, de vieux savants dissertent sans fin, en traçant d’étranges figures sur le sable, des compagnons de Sirius, des cratères de la Lune, des anneaux de Saturne, des satellites de Jupiter, de la Voie lactée, qui est une spirale faite d’étoiles, et de l’univers en expansion. Si le commencement du monde Dogon est l’oeuvre exclusive d’Amma, le tout-puissant, la connaissance que nous en avons doit tout à une rencontre. Celle de Marcel Griaule, l’ethnologue, et d’Ogotemmêli, le vieux sage aveugle, dépositaire de la science des falaises de Bandiagara. Nous sommes en 1947. Griaule dirige une mission ethnologique dans les villages Dogons. Depuis des années, il enquête, confronte les multiples témoignages et a déjà percé quelques secrets. Un soir, les anciens se réunissent et tombent d’accord : Griaule est prêt à recevoir l’initiation ; Ogotemmêli sera son mentor. Au fil des 32 jours qui suivront, Ogotemmêli fera ainsi le récit de la création, qui est aussi le pourquoi de toutes choses… Après une première tentative infructueuse, Amma fabrique donc un oeuf de glaise. Ce sera la matière espace-temps virtuelle, théâtre de toute la création. Amma y crée pour commencer les huit graines fondamentales d’où germera plus tard l’ensemble de la réalité. Il engendre ensuite les Nommos, les génies qui seront ses représentants dans le monde et qui ont la forme de silures (poissons-chats). Quatre Nommo mâles, pour commencer, et ensuite leurs jumelles, appelées à être leurs épouses. Le premier de ces êtres est le grand Nommo, futur régisseur du ciel et de l’orage. Il sera assisté, pour ses basses oeuvres, par le Nommo messager. Le troisième Nommo, appelé à régner sur les eaux, prendra, après bien des malheurs, le nom de Nommo de la mare. Dernier formé : le bouillant Ogo qui, à peine venu à la conscience, brise la symétrie originelle et se révolte contre son créateur. Il veut que lui soit donnée sans attendre la compagne promise. Amma chasse alors l’impudent de l’oeuf originel. Mais Ogo, toujours maintenu par son cordon ombilical, arrache un morceau de placenta. Un fragment carré qui tombe en tourbillonnant dans le sens des aiguilles d’une montre. Ce sera notre planète. Plus tard, quand le Soleil apparaîtra, celui-ci insufflera à la Terre, grâce aux “cordes de pluie, un mouvement de rotation sur elle-même”, explique Ogotemmêli, ainsi qu’un mouvement de révolution le long d’un trajet baptisé le “cercle du monde”. Ogo croit alors pouvoir trouver son âme soeur dans la Terre. Mais celle-ci, dévitalisée par Amma, est sèche et stérile. Aussi, l’impétueux Nommo retourne-t-il dans les limbes, espérant extraire son double féminin de ce qui reste de son placenta. Amma, très irrité par tant d’indiscipline, se dépêche alors de transformer ce placenta en cuivre puis en feu brûlant. Ainsi se forme le Soleil (Nay), ou du moins sa virtualité dans un Univers encore en projet. Beaucoup plus tard, naîtra de l’astre du jour l’épouse perdue d’Ogo, Yasigui, la femme-soleil. Mais dès cette époque, le Soleil tourne déjà sur lui-même sous l’effet d’un immense ressort en spirale de cuivre rouge à huit tours, semblable à celui d’une montre mécanique. “Sa taille ?”, questionne Marcel Griaule. “Le Soleil est immense ! répond Ogotemmêli. Il dépasse en surface le canton de Sanga. Il est même peut-être plus grand encore…” Dans la logique Dogon, l’astre du jour est une entité féminine. Ses 22 rayons de cuivre représentent son sang menstruel. Leur humidité agira donc sur les semences mises en terre et favorisera l’agriculture. Au cours de ce raid, Ogo parvient tout de même à arracher un fragment du Soleil qu’il rapportera sur Terre sous forme de graines, espérant tirer de leur germination une nouvelle création appelée à remplacer celle d’Amma et qui lui procurera enfin son double féminin. Tentative nécessairement vouée à l’échec : dans la cohérence de la pensée Dogon, ce qui est extrait à un sexe relève de l’autre sexe. De la mutilation du Soleil, ne peut naître qu’un être mâle. Ce sera la Lune. Simple morceau refroidi et séparé du Soleil. Par la suite, la lune (le mois) qui précède les semailles correspondra à la commémoration de cette genèse. La nouvelle lune, ou Lune obscure, étant considérée comme le rappel, pour l’éternité, de l’instant du vol proprement dit. Les Dogons expliquent que la Lune tourne en spirale conique autour de la Terre sèche et morte, elle possède des cratères qui représentent les artères où circule un sang impur, comparable à celui des menstrues féminines. Étant donné le caractère masculin de l’astre, cela peut paraître étrange. Mais en fait, tout s’explique à la lumière… de la lumière cendrée : de l’humidité portée par les rayons du Soleil frappe d’abord la Terre, et remonte ensuite simplement vers la Lune recevant ainsi peu à peu le sang du Soleil, la Lune grossit à la pleine lune, elle commence à dépérir ; à la nouvelle lune, elle est tout à fait sèche, puis le sang lumière du Soleil lui est de nouveau injecté par réflexion sur la Terre. Les phases de la Lune ne sont donc, en fait, que l’imitation du cycle menstruel du Soleil… Le vol des graines représente aux yeux d’Amma l’offense suprême. Une punition est nécessaire. Mais Ogo — germe du chaos et, en cela, maître du devenir — est indispensable à la marche du monde. On l’épargnera donc et c’est son jumeau, toujours dans son placenta, le futur Nommo de la mare, qui sera sacrifié à sa place. La pénible tâche est dévolue au Nommo messager, qui lui aussi n’est encore qu’un embryon de poisson-chat. S’engage alors une sanglante confrontation des foetus, de laquelle naîtront à la fois une nouvelle organisation de l’univers et les astres qui resteront à jamais dans le ciel les témoins de ce long démembrement. Les Dogons distinguent les planètes, appelées “étoiles qui traversent” (et dont il est connu qu’elles gravitent autour du Soleil), les satellites, ou “étoiles qui font le tour”, et les étoiles proprement dites, désignées comme “étoiles qui ne tournent pas (autour d’une autre étoile)”. Planètes et satellites seront associés de façon assez générale au sang du sacrifié, les étoiles aux parties de son corps. Première opération : le Nommo messager va trancher à la fois le sexe et le cordon ombilical du Nommo de la mare. Or, une toute première goutte perle. Elle sera appelée à rester pour l’éternité le témoin du cordon tranché et le symbole central de la réorganisation du monde. Ce sera Sirius, l’étoile du Sigui. Par la suite, une grande fête, appelée le Sigui, justement, commémorera, tous les soixante ans, la révélation de la parole aux hommes et l’apparition de la mort sur Terre — les deux événements majeurs auxquels ce sacrifice originel a conduit. En attendant, le sang coule, et va couler encore… Il en tombe un peu sur le placenta d’Ogo (le Soleil) qui se trouve ainsi purifié. Mais surtout, il en coule du centre vers le sud, jusqu’au lieu-dit “la place du sang qui goutte”. En ce point naît Yazu (yazu, c’est-à-dire “le matin de bonne heure”) en position obia, autrement dit Vénus quand on ne la voit pas. Le sexe coupé du Nommo de la mare est ensuite jeté à l’ouest, où apparaîtra Vénus en position “étoile de l’ouest”. Enfin, du cordon, resté au centre, sortira la toute petite “étoile qui accompagne Vénus”. Cet astre, non identifié par les ethnographes, est peut-être un satellite (encore) inconnu de Vénus à moins qu’il ne s’agisse simplement de la discrète Mercure. toujours est-il qu’Ogo, encore aux prises avec ses tourments, remonte une fois de plus au ciel à l’instant de cette naissance. Amma se hâte alors de pousser le Soleil vers l’ouest pour le mettre à l’abri de sa convoitise. Ainsi s’explique le mouvement diurne du Soleil. Mais Ogo a autre chose en tête. Il est venu, cette fois-ci, dérober les âmes femelles du Nommo sacrifié. Il y parvient et les place dans son prépuce. Mal lui en prend. D’un coup de faucille, le Nommo sacrificateur parvient à circoncire Ogo, puis à lui arracher la langue et les dents (sièges de la parole). Le malheureux n’a plus qu’à redescendre piteusement sur Terre. Son long chemin de retour demeure, actuellement encore, matérialisé par ces “chemins du monde” que sont les rayons du Soleil qui s’infiltrent à travers les nuages. à son retour sur Terre, Ogo se voit transformé par Amma en renard pâle, ou renard blond des sables (Vulpes pallidus). Son nom sera désormais Yurugu, le Renard. De nos jours, on peut encore le voir rôder autour des villages des falaises en quête de nourriture… Au point du ciel où tombent les dents arrachées du Renard, se forment les étoiles de queue, autrement dit l’Épée d’Orion. Une goutte de sang provenant de la circoncision d’Ogo coule sur le placenta du sacrifié, en un point proche de Vénus. De ce sang naîtra l’étoile des femmes menstruées, c’est-à-dire Mars. Quatre autres gouttes tombent aussi sur Terre, mais Amma les fait remonter au ciel. Il les placera bientôt autour de Jupiter… Ces quatre étoiles, qui s’identifient bien sûr aux satellites galiléens, seront dites les enfants de Jupiter. Correspondant chacune à une saison, elles seront parfois associées aux graines de quatre arbres sacrés. formant un carré, ces satellites circuleront sur la même orbite et leur révolution autour de Jupiter durera un an. La formation de Jupiter suit immédiatement celle de ses satellites : le Nommo sacrificateur se dirige vers le nord, s’apprêtant à trancher la tête de la victime. Et c’est la première goutte de sang à toucher le placenta qui donne naissance à Jupiter, l’étoile de la fontanelle, aussi appelée étoile du crâne. Un peu plus loin sur ce trajet, que le mythe nomme la Route du sang, des graines tombent de la clavicule droite du Nommo sacrifié. D’abord celle d’une céréale, le fonio blanc. à l’endroit de sa chute naît un astre de couleur blanche, l’étoile du fonio. Il s’agit aujourd’hui d’une étoile modeste (le fonio étant la plus misérable des céréales). Mais il n’en fut pas toujours ainsi. En effet, l’étoile du fonio a éclaté pendant la première année de l’existence des hommes sur Terre. Sa brillance a été alors intense. Elle a ensuite diminué progressivement jusqu’à disparaître après le quatrième Sigui (soit 240 ans après la création). désormais, expliquent les Dogons, on ne peut l’observer que dans des conditions exceptionnelles. En outre, elle s’est éloignée de nous. à l’origine, elle se trouvait à l’emplacement actuel du Soleil. Mais, prise dans le mouvement d’expansion général de l’univers, comme d’ailleurs toutes les autres étoiles, elle a quitté l’environnement de la Terre, et seul le Soleil est resté proche. Aujourd’hui, l’étoile du fonio gravite autour de Sirius. Sa période est de cinquante ans et c’est ce mouvement de révolution qui maintient les autres étoiles à leur place. Elle règle aussi la trajectoire de Sirius, “qui est la seule à ne pas suivre une courbe régulière”. Grâce à son rôle de centre dynamique de l’univers, l’étoile du fonio est déjà la plus importante des étoiles. Mais, dans la pensée dogon, elle représente davantage que cela. Issue de la plus petite des graines, elle équivaut en fait à la particule élémentaire de la physique que l’on professe sur les falaises de Bandiagara. C’est la brique fondamentale de matière — le parton — à partir de laquelle tout est fabriqué. potentiellement grosse, donc, de l’ensemble de l’univers, l’étoile du fonio est aussi nécessairement la plus lourde des choses célestes. concrètement, c’est parce que, si elle est constituée de trois des éléments de base (eau, air et feu), le quatrième, la terre, est chez elle remplacé par du métal. Un métal un peu plus brillant que le fer et d’une densité telle que “tous les êtres terrestres réunis ne pourraient en soulever une parcelle”… Quand les Dogons ont parlé de l’étoile du fonio aux ethnographes, ceux-ci n’ont eu qu’à se reporter à leurs propres livres d’astronomie pour y reconnaître le parfait portrait de Sirius B, la première naine blanche connue, découverte depuis peu. Mais point de trace, dans ces ouvrages, du deuxième compagnon de Sirius. aidés de puissants ordinateurs, nos astronomes tarderont encore une quarantaine d’années avant de le déceler et d’en confirmer l’existence. Le mythe cosmogonique dogon, lui, reconnaît la nécessité de la deuxième étoile dans le simple fait que le Nommo sacrifié possède deux clavicules. Si de la graine tombée de la droite est né un astre, il faut bien aussi qu’un deuxième se forme d’une graine issue de la gauche. Cette graine, c’est celle du sorgho femelle. L’étoile qui lui est associée s’appelle donc banalement l’étoile du sorgho femelle. à sa naissance, elle était rouge comme le sang, ensuite elle a blanchi, donnant sa couleur aux céréales issues d’elle. Moins fondamentale que l’étoile du fonio, l’étoile du sorgho femelle est plus volumineuse, et quatre fois plus légère. Selon certaines sources, elle décrit aussi une orbite plus vaste, mais de même période (50 ans) et se trouve décalée de 90°. D’autres informateurs lui attribuent une période de 32 ans — les astronomes occidentaux, eux, s’ils s’accordent sur la couleur rouge de l’objet (il s’agirait d’une naine de classe M), lui calculeront plutôt une période de révolution de six ans… Portant toujours sa victime vers le nord, le Nommo sacrificateur lui coupe à présent la tête. De ce sang-là naît l’étoile rouge scintillante, que l’on peut probablement identifier à Aldébaran. Plus loin encore s’écoulent, de nouveau de la clavicule gauche, d’autres graines dont la blanche et brillante Vénus, étoile du matin, sera la marque. Dans cette position, Vénus est initialement accompagnée de deux étoiles, celle du riz (d’une période de révolution de 30 ans, soit la moitié du Sigui) et celle du mil. Deux astres qui tourneront ultérieurement autour de l’étoile du sorgho femelle. Qui sait si, un jour prochain, nos astronomes ne nous apprendront pas que deux planètes gravitent effectivement autour de Sirius C ! L’épanchement de sang tout au long du trajet entre le lieu du sacrifice et le nord a laissé une trace dont le témoin est aujourd’hui la Voie lactée, appelée aussi la Route du sang. Les Dogons savent que le continu peut être fractionné en “graines” (articulations ou clavicules…) élémentaires. Un fleuve de sang peut donc aussi se penser comme une concentration de gouttes de sang. Il n’y a alors aucun inconvénient à considérer la Voie lactée, d’apparence continue, comme un ensemble d’étoiles serrées les unes contre les autres. Il s’agit d’une galaxie, comme il en existe d’autres, que l’on observe, non par la tranche, mais selon son axe. C’est le mouvement de rotation qui disperse (par effet de la force centrifuge) les étoiles en spirale autour de cet axe, de la même façon que le semeur disperse les graines dans son champ. Il existe une étoile particulière, témoin de cet événement et appelée étoile de la Voie lactée. Les Dogons la décrivent avec un “halo”, comparable à celui qui entoure parfois la Lune, mais permanent celui-ci. Peut-être veulent-ils ici parler de Saturne et de son anneau. Son association à la Voie lactée pourrait alors signifier que du fait de sa très lente révolution synodique, il s’agit d’un astre presque fixe. La fin du sacrifice reproduit un thème commun à de nombreuses autres cosmologies : le démembrement et la dispersion de ses organes dans chaque direction de l’espace. En pays Dogon, l’opération s’accompagne d’un nouveau et ultime star boom, dans lequel se forment, par exemple, plusieurs groupes d’étoiles associées par les Dogons à leurs rites agraires (Orion, les Pléiades). Dès cet instant, les fautes du Renard sont expiées et l’Univers, qui n’est encore qu’une épure, a de nouveau un sens. Amma peut désormais autoriser la venue au monde des virtualités contenues dans l’oeuf de la création et dans les graines. Comme le Nommo sacrifié n’était pas encore né, sa mort ne pouvait être qu’un simulacre. Amma lui restitue donc la vie, accouche de l’espace réel et de ses habitants et met en route le temps. Instant zéro du big bang dogon où s’établit la concordance des calendriers des hommes et ceux du mythe… Ainsi, dira-t-on, la résurrection du Nommo a-t-elle eu lieu au bout de cinq jours (durée de la semaine dogon), au moment exact où le Soleil se leva pour la première fois en position “Soleil du milieu” (équinoxe de printemps), coïncidant avec le premier lever héliaque de Sirius. C’était aussi l’époque de la dixième lune et elle fut marquée par une éclipse de Soleil. La victime ressuscitée est envoyée peupler les eaux de la Terre. On l’appelle désormais le Nommo de la mare. Il est le génie des eaux, à la fois gouverneur de la fécondité du sol et de la parole des hommes, et, en cela, garant de l’ordre d’Amma sur la Terre. Depuis lors, la fonction du lever et du coucher du Soleil est de témoigner de son arrivée sur Terre. On comprend que Griaule et les ethnologues, entendant pareil récit, se soient interrogés sur l’origine de la science dogon. Le mystère n’en était pas un. simplement, des missionnaires avaient déjà eu des contacts avec les Dogons et certains d’entre eux avaient apporté dans leurs bagages quelques ouvrages de vulgarisation astronomique, et même des revues comme L’Astronomie (le bulletin de la société astronomique de France) qui avait consacré à Sirius B, entre 1931 et 1938, une série d’articles. Si l’extraordinaire capacité d’absorption et d’intégration “cosmologique” des Dogons a de quoi surprendre, encore plus troublante est la manière dont leur science émergente envisage l’existence des deux compagnons invisibles de Sirius. plusieurs textes européens datant de l’antiquité suggèrent en effet que l’étoile Sirius, actuellement bleutée, apparaissait alors rouge. Des chroniques chinoises font, elles, de surcroît allusion à des changements de couleur. Les Dogons ajouteraient donc leur propre pièce au dossier en invoquant aussi une modification d’éclat. S’ils ont réellement observé, dans le passé, de tels événements concernant Sirius, la logique de leur physique, soucieuse de démontrer l’élémentarité des phénomènes, portait à attribuer leur A lire : -Les trentes deux jours d'Initiation de Griaule (DIEU D'EAU, ENTRETIEN AVEC OGOTEMELLI, Marcel Griaule, livre de poche) - Marcel Griaule, Germaine Diertelen, LE RENARD PALE TOME 1. - Le Mythe Cosmogonique, Institut d'Ethnologie, Musée de l'Homme, 1991
cause à deux graines fondamentales (et donc de recourir à deux étoiles témoins). De quoi ajouter du poids à l’une
des hypothèses émises en 1991 par Jean-Marc Bonnet-Bidaud et Cécile Gry, selon qui le système de Sirius pourrait
renfermer une variable de type cataclysmique. Imaginons que de la matière de Sirius C puisse être capturée par
Sirius B de façon occasionnelle. On assisterait alors à une grosse explosion près de la surface de la naine blanche,
d’où un important sursaut de luminosité, puis à l’expulsion d’un nuage de matière qui, s’interposant entre nous
et Sirius A, en rougirait la lumière. Le peuple Dogon a-t-il rendu compte à sa manière d’un pareil épisode ? Qui
saurait aujourd’hui le dire ? à moins de le demander au Renard...
25 janvier 2009
KISOLO YA MUNGU JEU DIVIN
MBOTE MVILA NE KONGO BANA YENGE ZOLA
NOUS DEVONS REHABILITER NOS "JEUX INITIATIQUES" COMME LE "KISOLO YA MUNGU" LITTERALEMENT "JEU DE DIEU"
En COTE D'IVOIRE il porte le nom de "AWELE"
Il y a tant de noms mais combien déjà ont disparus : PALANKULI, KALAH, SOLO, BOURI, MANKALA, MANGALA, ABOUGA, TOI, MORO GBEGELE, WARI, MWENO, WULI, LELA, WALYA, ISOLO, IGOSOU, CHORO, BAO, ISOFU, PENSU, IMPERE, JUKURU, SADDEKA, GABATA, AJI, KATRA.
Ailleurs : TONKA, MARANY, PAPANDATA, DJONGHOK, KENJI GUKI, ou encore TOPUZ XORGOL, ESSON, TAP, URDY, OT-JUN, KALIMANTA, ANDOT.
Dans le KONGO DYA NTOTELA le jeu s'appelle MBERE, DEKA, ou BOKE en pays BANTU, KISOLO ou BANGA en pays SOUDANAIS, SOMBI, BAO-SOLO en pays SWAHILI, TSHI-SOLO, KI-SOLO pour les NUBA, et TSH-ELA en pays ANGOLA .
Chez les DOGONS ce JEU a une fonction INITIATIQUE, il répète la CREATION, il reproduit la MARCHE DE L'UNIVERS : LE MOUVEMENT DE "PO TOLO" AUTOUR DE "SIGI TOLO" ORGANISE L'UNIVERS ET FIXE LES PLANETES ET LES ETOILES
Le JEU DOGON REQUIERT 48 cailloux, 4 PAR CASE DE PROGRESSION, soit 4 ETOILES, 22 DENTS DU NOMMO, 12 CLANS PRIMORDIAUX, 12 CONSTELLATIONS ZODIACALES, 12 RAYONS COSMIQUES et 22 PRIERES.
KISOLO YA MUNGU ou AWELE est le JEU DES SEMAILLES.
L'un des aspects les plus fascinants et les plus originaux du jeu vient du caractère cyclique de la circulation des graines qui passent alternativement d'un camp à l'autre en provoquant des échanges de potentiel, des balancements d'avantage, des circulations de richesse.
IL n'y a pas DEUX CAMPS OPPOSES qui cherchent à SE DETRUIRE comme aux "échecs" mais plutôt CIRCULATION ET PARTAGE VITAL DES RICHESSES , de nourritures terrestres.
on donne à manger à l'adversaire" on le "bouffe" aussi, on sème et on récolte et chaque cycle prend 12 cases comme autant d'heures.
Les profondeurs ALGORITHMIQUES du jeu se doublent d'une particularité étonnante qui est le BALANCEMENT DES AVANTAGES.
En effet un potentiel largement supérieur de graines à la fois acquises et présentes n'est pas synonyme forcément de victoire car il faut bien à un moment ou à un autre redistribuer ses richesses dans le jardin de l'autre.
En l'an 1620 de notre ère, SHAMBA BALONGOMO roi KUBA prestigieux se fait représenter en sculpture pour la postérité accompagné d'un JEU d'AWELE. Nul doute que ce roi KUBA n'eut voulu marquer ainsi le CARACTERE SACRE de ce jeu MILLENAIRE qui dans de nombreuses contrees servait encore récemment lors des VEILLEES MORTUAIRES à désigner le PRINCE le PLUS VIF D'ESPRIT qui serait apte à SUCCEDER au CHEF ou au ROI défunt.
Chez les MASAI la pierre mythique DODOI qui sert à jouer au JEU DE SEMAILLES aurait été INVENTEE par le FILS DU PREMIER HOMME.
Le tablier d'AWELE NIGERIAN fait penser à ce DIEU "OLODUMARE" d'où émanent les 4 ANCETRES qui semblent porter les 12 CASES PRIMORDIALES où s'incarnent et se désincarnent les 48 GRAINES DE VIE en un GRAND BALLET COSMIQUE où la nécessité mathématique prime sur le hasard.
Dès lors le TABLIER DES JEUX DE SEMAILLES sera l'IMAGE DU MONDE ORGANISE et le JOUEUR refait les PREMIERS GESTES DU CREATEUR qui a semé LA BONNE PAROLE, LA BONNE CULTURE.
L'AWELE UTILISE UN MATERIEL COMPOSE :
- d'un tableau de 12 cases réparties en deux rangées de 6.
- de 48 pièces
UN LIEN POUR JOUER A L'AWELE :
http://s.helan.free.fr/awele/game/playonline/awale.html
LES 4 BONNES RAISONS DE JOUER LE "KISOLO YA MUNGU" ou "AWELE" :
- C'EST UN JEU FACILE A APPRENDRE : cette facilité à entrer dans le jeu dans la ronde des joies ludiques et intellectuelles procurées par l'AWELE est l'un des grands attraits de ce jeu. Puis le joueur découvre vite que ce jeu de prises offre bien des surprises et qu'il est infiniment plus subtil qu'il n'en a l'air de prime d'abord.
- C'EST UN JEU AMUSANT ET GRATIFIANT : ce jeu de GENEROSITE et de RECOLTE autorise un détente réelle un délassement gestuel et visuel et la rapidité avec laquelle s'achève une partie incite à RENOUVELER LE PLAISIR.
- C'EST UN RETOUR AUX SOURCES : jeu des origines qui exprime les HAUTES VALEURS DE SAGESSE ET D'HUMILITE des NOIRS
- C'EST UN JEU QUI PREPARE AU RAISONNEMENT MATHEMATIQUE : ce jeu se présente comme un EXERCICE DE STYLE PURE pour celui qui veut s'INITIER AUX MATHEMATIQUES. L'enfant y trouvera un prétexte à compter, à dénombrer, à calculer, rendant l'apprentissage des chiffres et de l'arithmétiques aussi simple qu'un jeu d'enfant.
LES CAPACITES DES JOURS D'AWELE :
- SCIENCE DU RYTHME EXPERIENCE ET PATIENCE : TROIS GRANDS ESPRITS veillent sur l'AWELE ; l'ESPRIT DU TAM-TAM MAITRE DE LA DANSE ET DU RYTHME ; LE GENIE DE LA MEMOIRE et LE GRAND GENIE DE LA PATIENCE .
- CAPACITE COGNITIVE ET PROGRESSION
LIVRE A LIRE : AWELE LE JEU DE SEMAILES AFRICAINES éditions CHIRON ALGO
YENGE KIENO
30 juillet 2008
LA CONCEPTION MYSTIQUE DE L'HOMME DANS LA RELIGION NEGRO-EGYPTIENNE
Certains continuent à PENSER qu'ils n'existent pas de RELIGION NEGRO-EGYPTIENNE et ces personnes se tournent vers les RELIGIONS ETRANGERES telles que le CHRISTIANISME,l'ISLAM, le JUDAISME, le BOUDDHISME, l'HINDOUISME, rejetant le BUKONGO, le VODU, le BWITI, bref toutes TRADITIONS NEGRO-EGYPTIENNE MILLENAIRE...
Les ANCIENS EGYPTIENS ont SURPASSER toutes ces NOUVELLES RELIGIONS qui elles-même s'INSPIRENT de la SOURCE UNIQUE : KHEMET TA MERIT NETERU(LA TERRE DES NOIRS AIMEE DES DIEUX).
Le PEUPLE NOIR est aliéné par les SYSTEMES de pensée métaphysique des ETRANGERS...
Le PEUPLE NOIR néglige ses SYSTEMES MILLENAIRES qui n'ont rien à ENVIER aux SYSTEMES DES ETRANGERS...
Le PEUPLE NOIR doit RETROUVER et FAIRE CONFIANCE à ses SYSTEMES METAPHYSIQUES MILLENAIRES...
LE PEUPLE NOIR, REVEILLE-TOI CAR LE TEMPS EST VENU DE MONTRER AUX ETRANGERS, QUE TU ES LA LUMIERE DU MONDE (KIA KUA NZA).
Mon CORPS PHYSIQUE est commandé par des automatismes précis. Quand je dors je n'oublie pas de respirer ; après avoir pris la nourriture, je ne donne pas le signal de la digestion. Mon activité volontaire en somme est FORT MINCE.
De même pour l'ACTIVITE PSYCHIQUE , je ne choisi pas mes REVES ; je ne puis m'empêcher des souvenirs de s'imposer à mon ESPRIT. Mon MENTAL comme mon CORPS se passent bien de ma VOLONTE. Mon MENTAL est un foyer permanent d'informations spontanées, un CENTRE D'ENERGIE, et cette ENERGIE est brassée dans le creuset de l'UNIVERS qui est lui-même ENERGIE. Or cette ENERGIE dont les infinies variations constituent l'étoffe même du MONDE VISIBLE et INVISIBLE est une SEULE ENERGIE.
C'est le SOLEIL et son FLUX D'ENERGIE qui suscita le premier pas dans l'INVISIBLE : il existe dans l'AIR une PRESENCE BRULANTE que les mains ne peuvent appréhender et qui pourtant fait GERMER le blé et réjouit les coeurs ; il existe partout une INVISIBLE et RAYONNANTE PRESENCE.
Cette PRESENCE, KHEMET a maintes fois tenté de la représenter où nous voyons des RAYONS SORTIR du DISQUE SOLAIRE et parfois des DIVINITES représentant le DIEU SOLEIL.
L'être humain est plongé dans le flux permanent d'une INSAISISSABLE ENERGIE et le monde entier baigne dans de permanents courants d'ENERGIE. Le FLUIDE DE VIE peut aussi imprégner les OBJETS : des statues, des totems, des arbres, des pierres, etc...
Au moment de la création du monde, TEM (ATOUM) en suscitant les dieux SHU et TEFNUT plaça ses bras autour d'eux pour leur donner son KA (ESSENCE DIVINE) ...L'ENERGIE VITALE (KA) jaillie de la SOURCE DIVINE passe en cascade des DIEUX aux ROIS, des ROIS aux HOMMES , et des HOMMES aux OBJETS...Le MONDE ENTIER est en somme un grandiose carrefour où s'échange la VIE VIBRANTE D'ENERGIE...
Le DIEU SOLEIL rayonne, les DIEUX nés de lui rayonnent et toutes les manifestations de ce monde rayonnent aussi.
KHEMET a proclamé sa CONFIANCE en la DIVINE ENERGIE que dégage l'être humain : NETER (DIEU) a créé pour les hommes une FORCE SURNATURELLE (HEKA) comme une ARME pour modifier les cours des évènements...
L'HOMME appelle et les DIEUX sont à l'ECOUTE...
HOMME NOIR POURQUOI TE TOURNES-TU VERS LES DIEUX ETRANGERS QUI NE T'ECOUTERONT JAMAIS???
TEM KHEPRI RA AMEN PTAH HERU DJEHUTY KHENSU MENTHU OUSIRE ASET NEKHEBET OUADJET HETHERU MOUT SHU TEFNUT GEB NUT ...SONT LES NOMS DIVINS QUE TES ANCETRES VENERAIENT HONORAIENT DU MATIN JUSQU'AU SOIR CELEBRANT LA DIVINE ENERGIE DIVINE EMANANT DE L'UNIQUE DISQUE SOLAIRE...
CETTE ENERGIE DIVINE EST CELEBREE DANS TOUTE "KATIOPA" SOUS LES NOMS SACRES SUIVANT :
- OMAKONGO OKONGO AKONGO NE MUANDA KONGO (BAKONGO)
- OLODUMARE OLORUN (YORUBA)
- ONYAME ODOMANKOMA (AKAN)
- MAWU SEGBO LISA (ADJA EWE FON)
- MUANGA KOKO-AKaNZA NZAMBE-APONGO (MITSOGHO)
- EYO ZAME MEBEGHE KARE MEBEGHE ZONG MEBEGHE (FANG)
- MAWEJA NANGILA (BALUBA)
- AMMA NOMMO (DOGON)
- MAA N'GALA FARO (BAMBARA)
- etc...
Pour les BAKONGO , NE MUANDA KONGO est la SOURCE DE LA VIE de la CHALEUR et de la LUMIERE pour toute l'humanite et toutes les créatures de notre système solaire et au-delà. NE MUANDA KONGO EST LE NOM DE L'ESPRIT SOLAIRE APPELLE AUSSI OMAKONGO OKONGO KONGO KALUNGA.
Pour les FANG , AKI NGOSS (OEUF DE CUIVRE) est la MATRICE DE LA VIE ayant par son ECLATEMENT crée la VIE dans le VIDE COSMOS. TOUT ce qui est sorti d'AKI NGOSS est IMMORTEL ainsi l'HOMME devra par un long parcours INITIATIQUE retrouver son IMMORTALITE car il est un FRAGMENT de AKI NGOSS...
Pour les BALUBA, le SOLEIL est une part de la VIE DU CORPS DES CREATURES DE LA TERRE. Il a répandu la LUMIERE parmi toutes les créatures pour qu'elle les réchauffe et les excite...
Pour les MITSOGHO,MUANGA le DIEU CREATEUR a créé l'HOMME en mettant une CHALEUR à l'intérieur de ce dernier. Quand il meurt l'AIR part vers MUANGA. MUANGA est le SOUFFLE DE VIE qui anime le MONDE VISIBLE et INVISIBLE.
Pour les DOGON, AMMA le DIEU COSMQUE anime l'UNIVERS...Son NYAMA (FORCE VITALE) est une ENERGIE qui est répartie dans tous les animaux, végétaux, dans les êtres vivants, les êtres surnaturels, dans les choses de la nature...
Pour les BAMBARA, l'HOMME est le principe de la nature. Il est le GRAIN DU MONDE et à ce titre le REFLET DE LA TOTALITE DES ETRES ET DES CHOSES . Pour faire appel aux FORCES SPIRITUELLES et les promouvoir les BAMBARA utilisent la PRIERE, l'OFFRANDE, le SACRIFICE. Des RITES ORAUX et MANUELS sont exécutés en tous lieux, en tout temps. Ils prient le ciel , les points cardinaux, les génies ; ils sacrifient sur les pierrres, la terre, les arbres, les points d'eau, comme les autels dans les sanctuaires.
Pour les YORUBA, les AKAN, les ADJA EWE FON , l'ETRE SUPREME est lié à l'HOMME car il est un RECEPTACLE DE LA DIVINITE... Des PURIFICATIONS sont nécessaires pour COMMUNIER avec la DIVINITE ; ils existent des INTERDITS ALIMENTAIRES, des INTERDITS CULTUELS,etc...
La notion du KA est appellée en AFRIQUE NOIRE : ASHE, NYAMA, NYAME, KI, KA , etc...
Le KA a pour réservoir le DIEU SOLEIL qui est son REGENERATEUR, , son CREATEUR , son DISPENSEUR...
Pour ceux qui voudront APPROFONDIR ces HAUTES CONNAISSANCES car le BUT PRINCIPAL est de vous ORIENTER vers les TRADITIONS NEGRO-EGYPTIENNES.
Voici quelques ouvrages à lire :
- LES DOGONS NOTION DE PERSONNE ET MYTHE DE LA CREATION (HARMATTAN)
- LE MVETT L'HOMME LA MORT ET L'IMMORTALITE (HARMATTAN)
- LES DESCENDANTS DES PHARAONS A TRAVERS L'AFRIQUE (OSIRIS AFRICA)
- ESSAI SUR LA RELIGION BAMBARA (PRESENCE AFRICAINE)
- CONNAISSANCE ET INTUITION (SERVRANX)
BONNE QUETE INITIATIQUE...
YENGE KIENO
INGETA
BWITI MITSOGHO
Bwiti_0001
Vidéo envoyée par rales
j ai crée ce petit montage pour expliquer un peu ce qu est le MBWITI MITSOGHO.je suis resté au gabon de 1998 a 2001 est ce pays m'a vraiment surpris malgré la pauvreté {la richesse du pays est accessible à une certaine elite} ils sont chaleureux acceuillent, j 'ai attendu 1 an pendant cette année je suis allé tres souvent chez le NGANGA qui allait m' initier au BWITI et ça m'a vraiment aidé à me retrouver alors je lui rends un petit hommage. Si vous voulez vous initier choisisser bien votre NGANGA car comme partout y a des bons et des mauvais .merci au PK 21 et a DIBODE
18 juin 2008
BWITI LE SECRET INITIATIQUE DE LA FORET
MBUTA KOKOKANI devra être joyeux car ce sujet m'a été INSPIRE pour lui donner une piste de ses recherches initiatiques.
Le BWITI est connu par des nombreux peuples de KATIOPA : MITSOGHO, MASSANGO, APINDJI, ESHIRA, VARAMA, VUNGU, LUMBU, GALWA, NKOMI, ORUNGU, etc...
Le BWITI est TOUT à la fois, une réalité mystique, une métaphysique, une philosphie, un symbole et aussi un culte avec ses rites.
Le BWITI est divisé en huit loges originelles qui sont :
- DISUMBA
- NDJOBI
- NDEA NA RISANGA
- MISOKO MAGANGA
- TOGBO
- MBONDE
- TAKO
- TOMBO
Les antiques traditions qui voulaient que chaque être humain ait son REFLET son DOUBLE dans le monde végétal ou animal. Cela nous renvoie aux transformations du BA de l'homme que nous retrouvons dans le LIVRE DE LA SORTIE DU JOUR des ANCIENS EGYPTIENS.
L'IBOGA était connu par les FANG depuis l'antiquité sous le nom de ABUA. Ses feuilles entraient dans la confection de bon nombre de préparations magiques.
L'IBOGA pousse à l'état sauvage dans la forêt. Son écorce râpée servant à une préparation à pouvoir excitant jusqu'à l'élévation de l'âme dans le pays des ancêtres.
Le BWITI peut être considéré comme une religion qui a sa morale et dont le but est la découverte et l'accès dans une autre vie par des bonnes oeuvres. La mort est un passage nécessaire où nos ACTES sont passés au crible. Le concept du TRIBUNAL qui l'accompagne implique une SANCTION : PUNITION ou RECOMPENSE, des prières spéciales sont prévues pour la DELIVRANCE des âmes condamnées et ces prières communes sont des NGOZE spéciaux( TRIBUNAL D'OSIRIS dans l'AMENTI).
Depuis peu l'initiation est ouvert aux étrangers et les femmes peuvent maintenant y être initiées.
Pour ceux qui désireent faire ce voyage initiatique aux pays des ancêtres visités ce site :
Pour vous montrez que les peuples de KATIOPA viennent de NGIPITI (EGYPTE) voici l'exemple des MITSOGHO du GABON (KONGO DIA NTOTELA)
Le DIEU SUPREME des MITSOGHO est nommé : MUANGA (créateur de l'univers)
MUANGA porte d'autres noms :
- KOKO AKANZA (aieul de l'univers)
- GHEVANGA DANGA (celui qui organise sans cesse)
- MUANGA BENDA (MUANGA le verbe divin)
- NZAMBE APONGO (NZAMBE le vent)
- KUMU ATSENGE (le propriétaire du pays)
KOMBE est le DIEU SOLEIL le principe mâle
NGONDE est la DEESSE LUNE le principe femelle
NGADI est le DIEU FOUDRE
KOMBE est le JUGE SUPREME et PROPRIETAIRE DU VILLAGE DES MORTS (OUSIRE des anciens égyptiens)
KOMBE porte une CANNE (MOTUNGA) symbolisant le RAYON du SOLEIL et un CHASSE-MOUCHE (MONANGA) rappelant encore le HEKAT (SCEPTRE)et le NEKHAKHAT (FLAGELLUM) d'OUSIRE le juge de l'AMENTI
MAATE est la bénédiction des prêtres MITSOGHO
MUANGA est à la fois :
- la LUMIERE du SOLEIL (OMANDA)
- l'EAU (MEBA)
- le VENT, l'AIR, le SOUFFLE, la PAROLE, la VOIX (OPUNGA)
MBUTA KOKOKANI ton voyage initiatique ne fait que commencer.....
INGETA
13 juin 2008
ORIGINE EGYPTIENNE NEGRE DES DIEUX ET DEESSES DE LA GRECE ANTIQUE
les ANCIENS EGYPTIENS ont appris aux GRECS comment HONORER les NETERU KHEMET
Toutes les DIVINITES du PANTHEON GREC sont en fait des DIVINITES NEGRES DES ANCIENS EGYTIENS.
Nous avons ces équivalences suivantes :
- AMEN = ZEUS (ROI DES DIEUX)
- RA = HELIOS (DIEU SOLEIL)
- PTAH = HEPHASTOS (DIEU DES FORGERONS)
- NUT = RHEA (DESSES DU CIEL)
- GEB = CRONOS (DIEU DE LA TERRE)
- NEITH = ATHENA (MERE COSMIQUE)
- KHENSU = HERACLES (DIEU DES ARMEES)
- SETH = ARES ou TYPHON (DIEU DU DESORDRE)
- BASTET = ARTEMIS (DEESSE DE L'AMOUR)
- UADJET = LETO (DEESSE DE PROTECTION)
- OUSIRE = OSIRIS/DYONISOS ou HADES (DIEU DE
- ASET = ISIS ou DEMETER (DEESSE DE LA VE)
- NEBEHET = NEPHTYS (DEESSE DE LA STERILITE)
- ANPU = ANUBIS (DIEU DE LA MORT)
- HETHERU = HATHOR/APHRODITE (DEESSE DE LA JOIE DE LA FECONDITE)
- HERU = HORUS/APOLLON (DIEU DE LA PROTECTION)
- DJEHUTY = THOT/HERMES (DIEU DE LA CONNAISSANCE)
- IMHETEP = ASCLEPIOS (DIEU DE LA MEDECINE)
- MAAT = THEMIS (DEESSE DE LA JUSTICE)
- SEKHMET = NEMESIS ( DEESSE DU JUGEMENT)
les GRECS ont transmis ces connaissances aux ROMAINS qui eux aussi ont un PANTHEON DE DIVINITES EGYPTIENNES
- AMEN = JUPITER
- PTAH = VULCAIN
- OUSIRE = BACCHUS
- ASET = CERES
- HERU = APOLLON
- SETH = VOLCAN
- NEITH = MINERVE
- DJEHUTY = MERCURE
- BASTET = DIANE
- HETHERU = VENUS
- IMHETEP = ESCULAPE
Pour plus d'INFO je vous invite à lire les deux ouvrages de MBUTA OMOTUNDE et celui de THEOPHILE OBENGA:
- L'ORIGINE NEGRO-AFRICAINE DU SAVOIR GREC
- LES RACINES AFRICAINES DE LA CIVILISATION EUROPEENNE
- L'EGYPTE LA GRECE ET L'ECOLE D'ALEXANDRIE
DERRIERE LA POUSSIERE DE LA CULTURE OCCIDENTALE IL Y A UN MIRROIR NEGRO-EGYPTIEN
INGETA
12 juin 2008
CONNAISSANCE ASTRONOMIQUE MILLENAIRE DES "KONGO"
Les ANCIENS EGYPTIENS avaient des connaissances très poussées sur l'ASTRONOMIE d'où leurs différentes COSMOGONIES STELLAIRES.
Le ZODIAQUE du DENDERAH illustre parfaitement ces CONNAISSANCES du ciel étoilé.
Ils n'avaient rien à envier aux connaissances astronomiques des EUROPEENS car même si elles paraissent MODERNES et TECHNIQUES, les EUROPEENS sont toujours en RETARD......
Les PRETRES EGYPTIENS étaient des ASTRONOMES en PUISSANCES.
Ils utilisaient l'HORLOGE A OMBRE, le MERKHET (un instrument de mesures), le BAY (une nervure de feuille d'un palmier DOUM ) qui permettait une visée précise des ETOILES observées, et la FIGURE-CIBLE (des statuettes divines mesurant le passage des astres).
les ANCIENS EGYPTIENS connaissaient :
- le SOLEIL/RA
- la LUNE /IAH
- la GRANDE OURSE/MESEKHTYOU
- la constellation d'ORION/SAH
- la constellation de SIRIUS/SEPEDET
- les étoiles CIRCUMPOLAIRES/IKHEMOU NEN SEK
- les étoiles SUBPOLAIRES/IKHEMOU NEN REDJ
- SATURNE/HERU KA PET
- JUPITER/HERU TACH TAOUY
- l'étoile du MATIN(SIRIUS ou VENUS)/SEBA DOUAOU
- MARS/HERU DECHER
- MERCURE/SEBEKU
- les DOUZE CONSTELLATIONS DU ZODIAQUE
Nous retrouvons ces CONNAISSANCES ASTRONOMIQUES en AFRIQUE NOIRE.
DOGON
YAPUNUM TOLO : ETOILE DE LA FEMME MENSTRUEE (VENUS DU SOIR)
ATANU: LES TROIS(BOUCLIER D'ORION)
DANA TOLO: ETOILE DU CHASSEUR (JUPITER)
- TOLO DYUNO : LES PLEIADES
- TOLO YAZU : VENUS DU MATIN
- DAGA TOLO : ETOILE DU NORD(LA POLAIRE)
- TENUZU TOLO: ETOILE DU SUD (CROIX DU SUD)
- NAY : SOLEIL
- IE PULU : LUNE
- SIGI TOLO : SIRIUS "A"
- PO TOLO : SIRIUS "B"
- EMME YA TOLO : SIRIUS "C" (PAS ENCORE IDENTIFIER PAR LES OCCIDENTAUX)
- NYAN TOLO: ETOILE DES FEMMES
- YARA TOLO : ETOILE DU LION (CONSTELLATION DU BELIER)
- YAPUNU TOLO: MARS
- YALU ULO TOLO: SATURNE
AYYANTU (sociétés astronomes COUCHITIQUES )
- BUSAN : LES PLEIADES
- URJI WALLA BASA : SIRIUS
- ALGAJIMA : BELLATRIX
- ARB GADDU : NOYAU CENTRAL D'ORION
FANG
- TOLO ou CEPHEE (CONSTELLATION CIRCUMPOLAIRE)
- TOLO A ZOK : GRANDE OURSE
- MONO TOLO : PETITE OURSE
- NDZONG BEKUMA : VOIE LACTEE
- NKIENYE : LA CROIX DU SUD
MBOCHI
- TOLI ou CEPHEE (CONSTELLATION CIRCUMPOLAIRE )
- EBVUNYUKALE :CYGNE
- KUSU : AURIGEE
- MDZOABOMBO : GRANDE OURSE
- ABVANDE ASARE ABANGI ASARE (LES TROIS CHASSEURS EN COMPAGNIE DE TROIS CHIENS) : PERSEE
- ANGONDO TSAMBO : PLEIADES
- KUMAMBOLO :VENUS
-ONDONGO A DUSU TSO : JUPITER
-SWENGE : LUNE
- IKANGA : SOLEIL
MANJA
- SETO : ORION
- TAKUI : OEIL DU TAUREAU
- BE ZONGA : LES PLEIADES
- KONGU WARA : CASSIOPEE (GRANDE OURSE)
- BANDOLO : VENUS
- MANDA NJE : SIRIUS
BORANA
- BUSAN : LES PLEIADES
- BASA : SIRIUS
- ALGAJIMA : ORION
BALUBA
- WA CYAME : SOLEIL
- CYAME WA : LUNE
Et aussi ORION et les PLEIADES
NGALA (bulu beti ewondo )
- WEI : SOLEIL
- MODI : LUNE
- EKONGOLO : NEPTUNE
- KWA : MARS
- NKULANI : PLUTON
- NJAMBE : JUPITER
- EBEPELE : MERCURE
- EBENYE : SATURNE
- SOMBE : VENUS DU SOIR
- EYOMBWE : VENUS DU MATIN
- OLO : URANUS
AKAN ASHANTI TWI ASANTE
- AWUSI : SOLEIL
- ADWO : LUNE
- BENA : MARS
- AKU : MERCURE
- YAW : JUPITER
- AFU : VENUS
- AMEN : SATURNE
Je vous ai présenté une palette des CONNAISSANCES ASTRONOMIQUES de nos ancêtres NEGRO-EGYPTIENS.
Tous ces corps célestes ont des noms sacrés lors des INVOCATIONS et je ne pourrais pas en DIRE PLUS........
BONNE LECTURE ET INITIATION
MATONDO OMAKONGO MPEVE YA BATATA TULENDO
MATONDO BENA BA ZULU I BENA BA NTOTO
YENGE KIENO
note : quelques ouvrages à lire "NOUT LE COSMOS DES PHARAONS" et " LA PHILOSOPHIE AFRICAINE DE LA PERIODE PHARONIQUE" de OBENGA.
09 juin 2008
SANKOFA KRADA ME BA
Après ce film SANKOFA, un article sur ce sujet était NECESSAIRE.
SANKOFA est un ADINKRA AKAN qui est un SYMBOLE SACRE comme l'était les MEDU NETER (HIEROGLYPHE) des ANCIENS EGYPTIENS.
SANKOFA est une INVITATION à voyager dans le PASSEE et retourner à la SOURCE PRIMORDIALE.......
Pour ceux qui s'intéresse à l'EGYPTE ANTIQUE et qui ABANDONNENT les cultures NEGRO-AFRICAINES VIVANTES perdent l'ESSENTIEL........
Dans la culture AKAN, je suis "KOFFI" un ESPRIT FORCE (OBOSOM) de la planète VENUS.
AFI divinité tutélaire de "VENUS" et moi sont UN d'où mon nom sacré de KOFFI ......
je suis connecté au GRAND ESPRIT "NYAMEWWA NYAME NYANKONTON NYANKOPON" qui régit le MONDE VISIBLE et le MONDE INVISIBLE.......
SANKOFA est une REPOSITION dans l'ESPACE TEMPS en se RECONNECTANT aux ANCETRES PRIMORDIAUX........
les ANCETRES PRIMORDIAUX vous ATTENDENT depuis TRES LONGTEMPS car vous les avez ABANDONNER pour SERVIR DES DIEUX ETRANGERS qui ne vous ont JAMAIS PROTEGER.......
YENGE KIENO
INGETA
06 juin 2008
COSMOGONIE BAMANA (BAMBARA)
les BAMBARA sont les "cousins" des DOGON, des BOZO, et des MINIANKA.
les BAMBARA ont une COSMOGONIE très proche de celle des DOGON.
FARO le génie des eaux, maître du verbe est le NOMMO des DOGON.
FARO est avant tout le NIGER rappelant le rôle de l'EAU dans outes les cosmogonies d'Afrique Noire.
Pour les anciens égyptiens le NIL est habité par le génie des eaux KHNOUM-HAPI qui donnait la vie sous toutes les formes.
FARO est adoré dans toute l' Afrique de l'Ouest en tant que MERE DE L'HUMANITE. Elle est aussi adorée de sa source jusqu'à son embouchure (NIGER). Ses lieux de culte, il y en a partout sur les rives du NIGER.
NANOKO BA GUNGUN est la terre première sur laquelle FARO aurait élu domicile. C'est une très grande île sacrée, liée au culte du KAMABLO et avant le KAMABLO du FARA FIN et FARA DJE (pierre noire et pierre blanche) de KANGABA qui se trouvent dans le fleuve.
FARO est un culte universel (BAMBARA, MALINKE, SONINKE, PEUL,etc....)
le savoir de FARO est incommensurable car elle le détient de DIEU qui l'a envoyé comme LASIGIDEN c'est-à-dire AMBASSADEUR auprès des hommes pour les conduire dans le droit chemin. Le chemin de DIEU, le chemin qui conduit à DIEU.
On dit que FARO dont l'étoile SIRIUS est flanqué de ces jumelles comme SIRIUS l'est de ses compagnons, les étoiles de la PLENITUDE DU SAVOIR.
La COSMOGONIE BAMBARA est basée sur deux grandes ENTITES : le BALANZA (acacia albida) et le FARO qui est le génie de l'eau.
le BALANZA a été la première chose que MA 'NGALA (DIEU) a envoyée sur terre pour la gouverner.
Il a été un grand dictateur parce que à la fin de sa vie il voulait uniquement du sang virginal, du sang menstruel et le sang des hommes.
FARO veut dire LA TOTALITE DE LA CONNAISSANCE.
FARO est le maître du verbe réorganisateur de l'univers maître du ciel et des eaux.
FARO est le gardien des DYA (double).
dans un texte égyptien un des noms de OUSIRE est : FA HERU = FARO
pour les BAMBARA au commencement il y avait le GLA c'est-à-dire le VIDE ORIGINEL qui avait en elle une VOIX INTERIEUR le YO.
YO la voix intérieur et secrète qui "vient de lui-même, est connu par lui-même, est sorti de lui-même, du rien qui est lui-même".
YO étant à l'origine des choses inaudibles et invisibles qui sont LUI, est aussi dans l'inconnu, donc dans le NEANT. Et par conséquent il va pareillement pour l'HOMME qui est NEANT et ne peut agir qu sur le NEANT de lui-même.
le chiffre 22 est le nombre sacré de YO.
pour les BAMBARA, le MIRI c'est-à-dire l'OEUF DU MONDE enfermait la NATURE.
Dans le MIRI il y avait deux jumeaux :
- PEMBA le feu cosmique qui se manifestera par le BALANZA (acacia) et le SOLEIL(YURUGU OGO des DOGON)
- FARO l'eau cosmique mère de l'humanité(NOMMO des DOGON).
Les humains sont nés de FARO.
FARO fut une "VOIX" avant d'être réalisé dans un corps.
Sous sa forme aquatique de génie des eaux, son corps est composé mi-partie de chair d'albinos et mi-partie de cuivre. Elle est identifiée au MAMIWATA du VODU.
Dans le ciel, toutes les manifestations atmosphériques sont la démonstration de la présence du pouvoir de FARO. La pluie, le tonnerre, le grain, la grêle, l'arc-en-ciel témoignent de son action. La foudre qui éclate dans le KOBLE KABA (ciel rouge) est une arme, une petite hache (SEMPIRE NI) qu'il lance du haut du ciel. Le foudroiement est la preuve de son action vengeresse.
Dans les ciels, l'espace, la terre, sur les arbres et dans les rochers des montagnes, FARO a placé des GENIES, ses représentants qui veillent à la bonne marche des choses.
Son secrétaire "BOLOKURUNI" forgeron manchot de race noire qui vint vivre auprès de lui après avoir perdu l'usage de ses mains.
Tous les matérieaux appartiennent à FARO. Les 7 principaux sont : le cuivre rouge (mâle), le cuivre jaune (femelle) , l'or,l'argent, le fer-blanc, le fer noir.
le CUIVRE est d'origine céleste venant du 5ème ciel "KOBLENKABA" il descend à chaque coup de foudre avec les "pierres de tonnerre" pénétrant le sol.
Du fait de son origine céleste le CUIVRE représente "LES SONS DU FARO" : ceux-ci s'enroulent autour des boucles spiralées de ce métal que chacun porte aux oreilles et pénètrent dans les tympans permettant ainsi d'entendre les paroles.
les BOZO sont les descendants des jumelles mythiques filles du génie FARO.
des INTERDITS de FARO sont nombreuses quand on s'approche des lieux de cultes :
- le beurre
- l'or, le cuivre
- le port des métaux
- le sang menstruel
La toute-puissance, l'omniprésence, la bienveillance de FARO sont les caractères principaux de son action dans la création. TOUT DEPEND DE LUI CHEZ LES ETRES ANIMES INANIMES DANS LE TEMPS ET L'ESPACE.
A travers tous les développements de la vie individuelles c'est FARO qui maintient l'intégrité physique de l'homme; il lui donne la SANTE, nécessaire à son action. La MALADIE est toujours considérée comme une déperdition de forces qu'il convient de REDEMANDER A FARO. MAITRE SOUVERAIN DE LA VIE DES HOMMES IL PEUT LA LEUR RETIRER.....
C'est ainsi que MA'NGALA envoya FARO pour mettre fin au puvoir de l'ACACIA(BALANZA) et d'ORDONNER le monde.
Pour ceux qui voudront approfondir leur connaissance, je vous suggère l'ESSAI SUR LA RELIGION BAMBARA de GERMAINE DIERTELEN (livre d'une grande rigueur) qui faisait partie des "missions GRIAULE" qui présentant au monde occidental les MYSTERIEUX DOGON du MALI.
Bonne lecture.......
YENGE KIENO
INGETA








