Yaya_Vita_Kimpa_l_Ange_Gardien_du_Kongo_Diakati

Sous l’éveil qu’avait apporté Mama Mafuta, plusieurs groupes avaient vu le jour et agissait pour le Kongo avec plein de volonté et d’engagement « vema ye kimfuzi ». Chaque jour, une lumière descendait et éclairait les gens dans les lieux de prière.

Plusieurs personnes étaient habitées par des esprits, entraient en transe et se mettaient à prophétiser.

Dans un de ces groupes de prière, se trouvait une jeune fille appelée Vita Kimpa. Son père et sa mère étaient des chrétiens catholiques de la paroisse Kintuadi Saint Antoine. Dans son enfance, Yaya Vita Kimpa priait avec ses parents dans ladite paroisse où ils étaient appelés les enfants
 de Saint Antoine.

Les enfants de Saint Antoine avaient commencé à prier pour le Kongo dans leur paroisse dès la naissance des groupes qui priaient pour le Kongo. Les prêtres catholiques étaient très fâchés et avaient interdit ces prières dans la paroisse de Saint Antoine.

Yaya Vita Kimpa, ses autres amis filles et garçons décidèrent de quitter la paroisse catholique pour créer un groupe indépendant destiné à prier pour l’avenir du pays. Même ils avaient quitté la paroisse catholique, tous ceux qui voyaient la volonté et l’engagement dont ils faisaient preuve quand ils étaient à Saint Antoine, continuaient à les appeler les enfants de Saint Antoine.

Yaya Vita Kimpa était très engagée pour prier pour son pays. Au cours d’une séance de prière, l’esprit Saint descendit sur elle. Elle se mit à trembler et entra en transe. De ce jour, elle commença à prophétiser pendant les séances de prière du groupe.

Un jour, Yaya Vita Kimpa tomba malade. Elle fut soignée mais ne guérit point. Elle mourut et se rendit dans le monde invisible (Simu Kongo) à Mpemba Kalunga (Lieu Saint), à Masa où sont allés les aieux « Bambuta », dans la ville Sainte. Pendant ce séjour dans le monde invisible, elle fut investi d’une mission par les ancêtres du conclave mystique du Kongo, qui travaillent pour que se réalise la volonté du Dieu Tout- puissant « Nzambi’a Mpungu » au Kongo et dans les cieux.

Voici la mission qui fut confiée à Yaya Vita Kimpa au nom du Dieu Tout- puissant « Nzambi’a Mpungu », par un grand être Kongo, un Archange du Kongo.

1. Eveiller tous les Bakongo et leur demander de restaurer l’entente entre tous les enfants issus du Kongo c’est-à-dire les descendants des ancêtres Nsaku, Mpanzu et Nzinga car le conclave mystique du Kongo voulait que les Bakongo soient unis en chair et en esprit comme les poils d’un chien.

2. Faire de sorte que les Bakongo puissent reconstruire la ville de Mbanza Kongo.

3. Réunir tous les hommes de Mfula kazi et ceux de Mpemba Kazi à Mbanza Kongo puis designer un nouveau roi pour gouverner tous les Bakongo.

4. Guider les Bakongo pour qu’ils cessent d’adorer, de prier les dieux étrangers et qu’ils reprennent la religion Kongo dans tout le pays des Bakongo.

5. Préciser aux Bakongo que les régions du Kongo sont inséparables parce que tout ce que le Dieu Tout -puissant « Nzambi’a Mpungu » a unit pour le peuple Kongo ne peut pas être divisé par qui que ce soit. C’est-à-dire un seul peuple, un seul pays, un seul pouvoir « une seule autorité » et une seule politique.

6. Enseigner aux Bakongo que ce ne sont pas les prêtres catholiques qui doivent introniser les rois au Kongo car cette responsabilité revient au Grand Prêtre de la religion Kongo, seul lui peut le faire et doit le faire au nom du Dieu Tout- puissant « Nzambi’a  Mpungu», des grands êtres du pays et des ancêtres du conclave mystique du Kongo.

C’est une certitude, Yaya Vita Kimpa était bel et bien morte et s’était rendue pendant trois jours dans le monde invisible afin d’y être investie de la mission à Kasa « Masa ». Le troisième jour, lorsqu’on voulut l’enterrer, elle ressuscita d’entre les morts. Tout le monde en fut étonné. Maman Vita Kimpa commença à enseigner à tous ceux qui étaient venus pour ses funérailles. Rentrés chez eux, ils avaient apporté et répandu la nouvelle de Yaya Vita Kimpa qui était morte puis ressuscitée d’entre les morts après trois jours.

Plusieurs personnes venaient voir Yaya Vita Kimpa parce qu’ils voulaient vraiment écouter de leurs propres oreilles les paroles de celle qui était morte et ressuscitée.

A tous ceux qui venaient la voir, Yaya Vita Kimpa enseignait tout ce que le conclave mystique du Kongo lui avait confié comme mission.

Un grand vent d’éveil souffla dans l’Union Fédérale du Kongo. Les hommes et femmes étaient revenus à la spiritualité Kongo et avaient commencé à suivre Yaya Vita Kimpa.

Après leur avoir enseigné, elle leur demandait d’aller organiser des rencontres d’éveil dans les régions et villages du Kongo. Elle se rendit avec son groupe sur la montagne de l’Union Fédérale du Kongo. Elle avait choisi cette forêt et pour reconstruire Mbanza Kongo.

Mama Mafuta alors âgée de 75 ans, arriva sur la montagne de Nkumba Ngudi où elle rencontra Yaya Vita Kimpa âgée de 21 ans et décida de fusionner son groupe avec le sien. On confia
à Yaya Vita Kimpa la responsabilité de diriger le nouveau groupe qui devait reconstruire Mbanza Kongo.

Dès ce moment, c’est à Mbanza Kongo que Yaya Vita Kimpa prêchait. Tous ceux qui étaient informés de ses oeuvres venaient à Mbanza Kongo sur la montagne pour suivre ses enseignements et descendaient par la suite pour répandre le message dans les villages.

Pour ceux qui acceptaient son message, Yaya Vita Kimpa construisit des maisons afin que tous résident désormais à Mbanza Kongo. En un temps très court, Mbanza Kongo fut rempli de maisons construites en terre brute, en pierre et en briques cuites.

Le succès de Yaya Vita Kimpa suscita la haine et la jalousie chez les prêtres catholiques blancs. Ils commencèrent d’elle et à l’injurier dans leurs églises. Ces prêtres catholiques circulaient dans les villages pour obliger les chefs à interdire à la population de suivre et de mettre en application les enseignements de Yaya Vita Kimpa.

Le peuple Kongo se mit en colère, se retourna contre eux , commença à chasser les blancs de leurs villages, à déterrer et jeter les croix et statues des catholiques, rejetèrent le baptême et les bénédictions des prêtres catholiques.

Désormais, lors de leurs passages dans des villages, les Prêtres catholiques étaient accompagnés de soldats munis d’armes à feu. Ces derniers avaient pour mission de tuer tous ceux qui refusaient que leurs enfants soient baptisés par les catholiques.

Un certain jour, le Père Lorenzo da Lucca avait envoyé ses militaires dans la forêt où ils avaient sur le champ arrêté Yaya Lubondo puis l’avaient par la suite pendu sur la croix.

Pourquoi ?

Ou pour quelle raison ?

• Selon le Père Lorenzo : c’est une féticheuse.

• A Mama Mafuta de répondre : j’avais refusé que ce blanc puisse baptiser mon fils. Voilà pourquoi il a envoyé des soldats pour m’arrêter en pleine forêt et m’amener dans ce village pour me crucifier.

Après la construction de Mbanza Kongo, Yaya Vita Kimpa envoya ses fidèles à Kibangu et à Bula pour transmettre le message des ancêtres du conclave mystique du Kongo à Ndo Mpetelo et Ndo
Nzuawu, et les inviter ensuite à Mbanza Kongo. Ndo Mpetelo et Ndo Nzuawu acceptèrent l’invitation de Maman Vita Kimpa, et promirent de se rendre à Mbanza Kongo.

Mais sous l’influence et l’intoxication des prêtres catholiques blancs, ils changèrent d’avis. Peu après, Yaya Vita Kimpa se rendit elle-même à Bula et à Kibangu, où elle réussit à récupérer les insignes royaux et à les ramener à Mbanza Kongo.

Quand il eut remis les insignes royaux chez Yaya Vita Kimpa, Ndo Mpetelo décida de quitter la montagne de Kibangu pour rentrer à Divululu, son propre village mais les prêtres catholiques le suivirent et l’obligèrent à regagner Kibangu et à récupérer son pouvoir.

C’est à cette occasion qu’ils vont finir par lui construire un palais royal à Divululu.

Au mois de Mai de l’an 1706, Yaya Vita Kimpa et ses adeptes effectuèrent un long voyage aller et retour à pied de Mbanza Kongo à Mbanza Soyo. Ils organisèrent une grande campagne d’éveil qui agita toute la région de Soyo.

De retour à Mbanza Kongo, Yaya Vita Kimpa organisa une rencontre de 72 hommes « Notables Bakongo » venus des diverses régions du Kongo qui avaient accepté son message.

Au cours de ladite rencontre, il fut décidé qu’un nouveau roi devait être choisi à la fin de l’année 1706. Ce choix devait s’opérer sous la coordination de Yaya Vita Kimpa.

Donc, tous les politiciens Bakongo qui aspiraient à devenir roi avaient six mois pour se faire enregistrer chez Yaya Vita Kimpa.

La force de cette rencontre poussa Yaya Vita Kimpa et ses adeptes à se rendre ensuite à Pendele, dans la forêt pour une retraite mais aussi pour jeûner pendant 40 jours afin de prier pour le pays et pour que le choix du nouveau roi prévu à la fin de l’année se fasse dans de bonnes conditions.

Pendant qu’ils étaient dans la forêt de Pendele pour prier et jeûner, les militaires portugais les encerclèrent et sur ordre du Père Lorenzo de Lucca, ils arrêtèrent Yaya Vita Kimpa et tous ceux qui étaient avec elle.

Pour éviter toute révolte des Bakongo sur le chemin de retour, les Portugais cachaient Yaya Vita Kimpa dans la forêt le jour et ne marchaient avec elle que la nuit. Ils arrivèrent au palais royal de Ndo Mpetelo à Divululu où Yaya Vita Kimpa fut jugée par un tribunal présidé par les Pères Lorenzo da Lucca et Berdado da Gallo.

Ils exigèrent de Yaya Vita Kimpa de demander aux Bakongo de retourner dans l’église catholique. Vita Kimpa, lui intimèrent-ils, si tu acceptes demain de te tenir débout devant le peuple Kongo et de leur demander de retourner dans l’église catholique parce que le message du Bukongo que tu as enseigné c’est de la fausseté, nous allons te pardonner, t’innocenter et te relâcher. Mais tu essaies de refuser, nous allons te tuer, te brûler vive. Qu’en penses-tu ? »

Yaya Vita Kimpa refusa de répondre.

Pris de colère, les Prêtres catholiques étaient devenus fou furieux et avaient commencé à la torturer sérieusement pour reposer la même question par la suite mais Yaya Vita Kimpa refusa toujours de répondre.

Sous une forte colère, le Père Lorenzo ordonna ses militaires de la torturer de nouveau.

Quand elle décida de s’exprimer, elle dit ceci aux Prêtres catholiques :

Momo ma yawa kua Muela Kongo i mono mpe yasongele kua Nkangu’a Kongo mu malongi mame mamo. I yandi kibeni Muela Kongo watuma vo: Wenda wasikemesa Nkangu. Wenda wazibula Nkangu meso. Wenda wabalonga mamo ma yakusongele mu sadila. Wenda wavutuka tungisa Mbanza Kongo vana mbat’a mongo wa KONGO DIA NTOTELA, ye engua kua Ndiona una kolamana lutumu lualu ye lembua sadila malongi maku ma mpulusu. Mamo ma yalongele i kieleka kiatukidi kua Muela Kongo idina, ka  dilendi lendakana kua mono nkutu ko mu bangisa mo buabu.

Vo i mu diambu dia nzengolo ya lufua yena yeno mu mintima, ka ngiena wonga ko. Ntambudidi lufua mu diambu dia mpulusu a Kongo dia Bakulu bame.

Kadi disundidi mbote kua mono mu fua, kansi ka mavova mpova yimosi nkutu ko yilenda fuasa kisalu kianene kiyasedi ku Kongo.

Ngieti tambula fua, ka mu diambu dia masumu mane ko, kadi mamo ma luamfundidi mena maluvunu:

Kansi ngieti fua, kadi lolo i luzolo lua Ntantu miame, mu diambu dia mpulusu a Kongo dieto ye Nkangu’eto wa Kongo. I nitu’ame kaka luna vonda, kansi mono kibeni ka luna lenda kumvonda nkutu ko, kadi Tata Nzambi’a Mpungu i Mpeve.

Mono muan’andi mpe ngiena Mpeve yakala, yena, ye yina kala Nitu’ame i mvuatu ame kaka.
Nitu’ame yakinsuni i ntoto wampamba. Lulenda yo vonda mpe, ka ngienina nitu yayi ngindu ko. Nitu zankaka zampila mu mpila zena yame. N’silulu za tata Nzambi’a Mpungu zena yeto vo si kabuisa nsi zazo zina zoma Kongo, ye sakumuna bakundi babo ba Kongo mu nza yamvimba. Bakongo babingi luamene vonda mu nsi yayi ya Kongo.

Mfuka yanene yena yeno va ntadisi a Kongo diadi di luzolele tatamana bunga ye kakidila mu vutuka yonzama.

Ngieti dio vutukila nkumbu tatu, vo mfuka yanene yena yeno. Ka luna lemvokelua nkutu ko, vo ka lufutidi yo ko.

Mbuetete yambuaki yeti seloka ku Azia buabu. Mbuetete yankaka yeti seloka ku Kiselo kia Mbanza Kongo mpe. Nkosi yambakala yeti samba ku Kongo dia Luangu.

Ntangu kua diaka kanda dieno dia mputu dina vutuka sa va ntoto (mpinanza) wau wuveno kua Balunungu?

Nkumbu’a yenge kia Klisto luanata ku Kongo, kansi taleno mbutu mia mavanga meno mu nsi yayi ya Kongo !
Bantu babingi luamene pupika mu nsi yayi. Moko meno mena mambuaki mu menga makondolo bila ma babingi na bingi ba luamene  vonda mu Kongo diadi.

Nitu’ame mpe buabu si luavonda yo, kansi, tomeno dio zaya vo Ntemo wa Mbuetete yiyamene kulumuna ku Kongo dina vutuka zima ko mbandu ka mbandu, nateye Kongo dina vutuka kituka Kongo. Luzaya dio vo Tombe kia mavanga meno kimene fundusua buabu, ye vo
Kongo diampa dina kala nsi ya Kinzambi beni.

Kansi, mu diambu dia mavanga meno mambi, fulu kia Nganga Nzambi zanzenza ka kina kala mu Kongo diadi nkutu ko…”

Maniema 47: 46-69
Makaba 95: 46-69

Quand ils entendirent ces paroles, remplies à la fois de colère et de tristesse les Pères Lorenzo da Lucca et Bernado da Gallo en versèrent des larmes. Ils avaient recommencé à torturer Yaya Vita Kimpa avec les bois remplis d’épines qu’ils utilisaient pour se réchauffer parce qu’il faisait très froid. Epuisés de l’avoir trop frappée, ils ordonnèrent à leurs militaires de prendre la relève. Le visage de Yaya Vita Kimpa gonfla et elle fut défigurée, ses habits étaient tous rouge, remplis de sang.

Pendant la même nuit, le Père Lorenzo da Lucca demanda à tous les chrétiens Bakongo des villages environnants d’apporter une quantité de bois devant le palais royal de Ndo Mpetelo. Sous les ordres des Prêtres catholiques blancs, les chrétiens catholiques Bakongo livrèrent une importante quantité de bois dont les étrangers se serviront pour tuer et brûler vive leur propre soeur.

Pitié ! Car ce jour là dans la nuit, Yaya Vita Kimpa a vu défiler plusieurs envoyés de Dieu au Kongo, ceux qui l’ont précédés et ceux qui suivront, jusqu’à voir même un grand lion qui se tenait débout sur l’autre rive du Kongo de Luangu « Kongo dia Luangu ». Après tout ce qu’elle avait vu de ses propres yeux, son coeur fut rempli de joie et de tranquillité.

Sous cette forte joie et satisfaction de voir l’image de ce futur nouveau Kongo se dessiner, Yaya Vita Kimpa s’exprima en ces termes :

Mbuetete ya Nsilulu yikulumukini ku Kongo! Idina bantu bakele mu Tombe bamuene Ntemo wanene.
Bobo bakele mu Buangala buamuene Kieleka mu Nzila Kongo.

Bantu bakele nkole za wonga beka makesa.
Idina Ntantu mia Kongo mieka wonga !

Inga Ntantu mia Kanda dia Kongo mieti zakama ! Kadi mameme mankento ma Kongo mamene kituka Nkosi zambakala mu mvit’a mpulusu a Kongo.

Kadi Sabala kia Tiya kia Mbuetete ya Nsilulu kimene belesa Ntantu mieto ku Kongo !
Kadi kisalu kia Nlongi’a Kongo kimene buta ndandu.

Mu yinza dia Mfumu’eto Ne Muanda Kongo. I dina bika Muel’ame wasika Mfumu !

Maniema 47: 75-76
Makaba 95: 75-76

Le 02/07/1706, sous les ordres des Prêtres catholiques blancs, les bois livrés par les chrétiens catholiques Bakongo ont servi à allumer un grand feu. Les militaires qui opéraient sous les ordres du Père Lorenzo da Lucca ont pris Yaya Vita Kimpa, l’ont soulevée puis jetée au feu.

En plein feu, Yaya Vita Kimpa implora le Seigneur Jésus pour accuser les blancs en ces termes :

Jésus, Jésus, Jésus ! Regarde le comportement des blancs qui ont  amené ton nom au Kongo !

Aux blancs aussi de repliquer :

I ngeye Mfumu Yezo wena Mfumu’awu, ye vo i ngeye wabatuma Mu kuiza tengola menga ma Bana ba kongo !

Après ces paroles, l’âme remplie de lumière de Yaya Vita Kimpa sortit de son corps physique, entoura aussitôt le feu. Cette âme monta au ciel sous un grand tourbillon de lumière.

La voix de Yaya Vita Kimpa se fit entendre et retentit au coeur de cette lumière en disant :

Conclave mystique du Kongo, Conclave mystique du Kongo !

Les Bakongo sont vivants !

Tout est accompli, accompli, accompli ! Ingeta ! Ibobo, Ibobo !