MFUMU'A NLONGO YA KATIOPA DIAKATI 001

BUNDU DIA KONGO est la Version moderne des Anciennes Ecoles Initiatiques de l'Empire Kongo dia Ntotela.
 
Les principales écoles initiatiques kôngo sont : le Kimpasi, le Lêmba et le Kinkimba. Ces écoles initiatiques kôngo avaient parfois d’autres noms dans d’autres contrées, mais quelle que soit l’appellation, chaque académie initiatique chez les Bena Kôngo, comme partout ailleurs chez les Négro-africains, s’inscrivait dans le cadre de l’un des courants que je vais décrire par les lignes qui suivent :
 
Le grand mystère Kôngo est représenté par le Kimpasi, car le mystère de cette école visait essentiellement la formation des prophètes divins. Grâce à ses purifications rituelles effectuées à l’aide des ablutions constantes, le Kimpasi amenait ses initiés à être capables d’entendre les voix des ancêtres-saints et finalement à être à même de les voir et de parler avec eux comme un homme parle à son semblable. C’est ainsi que de l’académie initiatique Kimpasi sont sorties les grandes figures de la spiritualité kôngo de notre époque : Kimpa Vita et Mfumu Kimbangu.
 
Que le Kimpasi fût une académie de formation des prophètes divins se voit aussi au fait suivant : lors de la fondation du Royaume Kongo, le Roi Lukeni, s’allia avec le grand-prêtre Nsaku Ne Vunda, or celui-ci était de la région des Bampângu, dont le terroir est le fief du Kimpasi. D’ailleurs le clan Nsaku est considéré dans la tradition kôngo comme le « N’singa wôlo wakulumukina Nzâmbi Ampûngu. » Batshikama explique cette expression comme suit : « Le sacré cordon en or par lequel descend Dieu Tout-Puissant. ».
 
Ceci implique que Nsaku et ses descendants sont les agents des révélations venant du Dieu Très-Haut par l’entremise des ancêtres-saints, Nsaku est donc une lignée des prophètes. C’est toujours de ce clan que provenaient les grands-prêtres du Royaume Kôngo. 
Sur le plan étymologique, le mot Kimpasi vient du terme mpasi qui, dans le vieux kikôngo, veut dire la richesse.Or les Bakôngo évoluant dans une culture solaire, une culture centrée sur le divin, leur grande richesse ne peut être en réalité que la spiritualité. Ainsi le Kimpasi est-il l’école de la grande spiritualité ; c’est donc le Kimpasi qui est le garant de la formation des prophètes du mystère divin dans le milieu Kôngo.
 
Le but de l’initiation du Kimpasi est de permettre à l’initié de développer, par la purification de sa pensée, le potentiel qui est latent en tout homme. Nous naissons tous bons, affirme les initiés du Kimpasi ; à sa naissance l’homme a une voie parfaite bien tracée devant lui, une voie de prospérité. Mais les esprits pervers s’efforcent toujours de le désorienter de son destin divin. Ainsi, c’est l’objectif du Kimpasi que de permettre à l’homme mortel de retrouver la voie que Dieu avait tracé pour lui.
L’homme dans le Kimpasi, comme dans toutes les académies initiatiques Kôngo, est en réalité un Dieu qui s’ignore ; en lui gît la complétude de la divinité.
 
Grâce à la sanctification, l’initié du Kimpasi arrive à vivre une communion parfaite avec les ancêtres dont il entend la douce petite voix aussi clairement et distinctement qu’une oreille très attentive entend dans la savane un appel venant d’une clairière lointaine. Les ancêtres cheminent avec nous dans la vie de tous les jours, ils nous parlent, mais seule une oreille initiée peut les entendre ; notre foi trop faible nous empêche de discerner ces voix lointaines qui pourtant sont toujours si proches.
 
Le Kimpasi est la plus grande des institutions initiatiques des Bena Kôngo. Cette université de la forêt tropicale était destinée à former les prêtres traditionnels ; c’était donc une école d’initiation sacerdotale, une académie de la prophétie divine. Le pays disposait de trois institutions initiatiques, les deux autres étant le Kinkîmba et le Lêmba.
 
Si les enseignements de ces dernières institutions étaient, à l’instar de ceux du Kimpasi, centrés aussi sur la connaissance de Dieu et de la divinité de l’homme, Ils n’avaient pas pourtant le caractère sacerdotal. Le Kinkîmba et le Lêmba étaient donc des écoles du petit mystère, des écoles destinées à créer de bonnes conditions de vie dans le pays.
 
Le Kinkîmba était une académie martiale, ce qui peut se justifier par le symbolisme du serpent (le python) qui le caractérise ; car le python (mboma) est le symbole par excellence de la puissance martiale en Afrique.
 
L’initiation martiale chez les Bakôngo était l’affaire de l’académie Kinkimba. Le mystère du Kinkîmba a régné en maître sur la côte ouest du Royaume Kôngo, depuis le territoire des Bayômbe, jusqu’au Luangu )en passant par les Bawoyo situés à l’embouchure du Fleuve Kongo.
 
Sur le plan étymologique, le terme kinkîmba vient du verbe kîmba qui veut dire courir et il montre que cette initiation était liée aux prouesses physiques. Que le Kinkîmba fût une académie militaire se voit au symbolisme du serpent qui lui est attaché. Chez les Bawoyo, à la fin de son initiation, l’élève du Kinkîmba devait être léché par un serpent vivant.
 
Le python (mboma) dans le Kinkîmba est le symbole de la force martiale de Tafumaluangu (Mahûngu), l’homme en qui se trouve le Kimahûngu, la complétude de Dieu ; complétude manifestée par la présence en lui de la nature mâle et femelle divines. A ce titre le python est lui-même représenté dans le ciel par l’arc-en-ciel. Car ce signe pacifique du Dieu Très-haut nous apparait dans le firmament sous la forme d’un arc multicolore éclatant mâle devant un autre arc mât femelle. L’arc-en-ciel manifeste donc la puissance du Verbe qui maitrise, dans les cieux, les forces de la nature pour la protection de l’humanité.
A propos du python (mboma) il faut rappeler aussi que le grand chef militaire s’appelle en kikôngo nkua mboma, ce qui donne : Ngamboma, le nom d’un grand chef militaire teke de Kinshasa.
 
Quant à l’académie Lêmba, elle s’occupait de l’initiation civile ; il était donc le garant de toutes les connaissances humaines non-martiales, entre autres la connaissance de l’art du gouvernement et de la guérison.
 
Le mystère civil par excellence au Royaume Kôngo est le Lemba. Le Lêmba est l’école initiatique qui dominait au Nord du Royaume Kôngo.
 
Sur le plan étymologique, le mot lêmba, vient du verbe lêmba qui veut dire apaiser. Le Lêmba avait donc pour tache de pacifier le pays en apaisant les forces négatives : maladie, crise, tension entre les Bena kôngo, etc.
 
L’héritage du grand mystère a permis aux Bantous, et principalement les Bakôngo, d’être le sol fertile d’où a poussé de grandes figures de la haute spiritualité négro-africaine, des prophètes puissants par leur élévation spirituelle et par leurs oeuvres, des prophètes dignes de la haute tradition initiatique telle que représentée dans la Bible : Nsasukulu a N’kanda, Kodi Puanga, Tuti dia Tiya, Mama Mafuta, Kimpa Vita, Mbumba Philippe, Mfumu Kimbangu…Mfumu Muanda Nsemi.
Etant les détenteurs du grand mystère, les Bantous, spécialement les Bakôngo, ont su rétablir les trois mystères de l’initiation égyptienne ; ainsi trouve-t-on chez ces Négro-africains : le grand mystère représenté par le Kimpasi en tant qu’école des prophètes, le mystère martial vivant dans le Kinkimba, et le mystère civil enseigné dans le Lemba.

Nzila Kôngo

BUNDU DIA KONGO I MFUMU KU KONGO !

L'ECOLE MYSTIQUE LEMBA a

L'ECOLE MYSTIQUE LEMBA b