Nzila Kongo

La Sagesse Kôngo enseigne ceci aux Adeptes de Bundu dia Kongo :

- Bue wuna kotela mu Nzila Kongo wakedika, vo kuzeyi mansueki ma Ngue Ntangu, Ngue Ngonda, ye Yaya Ntoto ko ?

- De quelle manière vas-tu t’engager dans la vraie Voie Kôngo de la vie, si tu ne connais pas les mystères du Soleil, de la Lune et de la Terre ?

Le Kimpasi est la plus grande des institutions initiatiques des Bena Kôngo. Cette université de la forêt tropicale était destinée à former les prêtres traditionnels ; c’était donc une école d’initiation sacerdotale, une académie de la prophétie divine. Le pays disposait de trois institutions initiatiques, les deux autres étant le Kinkîmba et le  Lêmba. Si les enseignements de ces dernières institutions étaient, à l’instar de ceux du Kimpasi, centrés aussi sur la connaissance de Dieu et de la divinité de l’homme, Ils n’avaient pas pourtant le caractère sacerdotal. Le Kinkîmba et le Lêmba étaient donc des écoles du petit mystère, des écoles destinées à créer de bonnes conditions de vie dans le pays.

Le Kinkîmba était une académie martiale, ce qui peut se justifier par le symbolisme du serpent (le python) qui le caractérise ; car le python (mboma) est le symbole par excellence de la puissance martiale en Afrique. Quant à l’académie Lêmba, elle s’occupait de l’initiation civile ; il était donc le garant de toutes les connaissances humaines non-martiales, entre autres la connaissance de l’art du gouvernement et de la guérison. Tout pouvoir dans le mystère divin est le résultat de la purification de l’être.

Le but de l’initiation du Kimpasi est de permettre à l’initié de développer, par la purification de sa pensée, le potentiel qui est latent en tout homme. Nous naissons tous bons, affirme les initiés du
Kimpasi ; à sa naissance l’homme a une voie parfaite bien tracée devant lui, une voie de prospérité. Mais les esprits pervers s’efforcent toujours de le désorienter de son destin divin. Ainsi, c’est l’objectif du Kimpasi que de permettre à l’homme mortel de retrouver la voie que Dieu avait tracé pour lui.

L’homme dans le Kimpasi, comme dans toutes les académies initiatiques kôngo, est en réalité un Dieu qui s’ignore ; en lui gît la complétude de la divinité. C’est pour cette raison que chaque Bena kôngo appelle sa partie gauche femelle et sa partie droite mâle, cette nature complète de l’être se nomme le Kimahûngu. Prendre conscience du Kimahûngu et le vivre dans une vie de sanctification, une vie de domination effective sur le péché, est la clé de la réussite dans tous les mystères des écoles initiatiques kôngo.

Grâce à la sanctification, l’initié du Kimpasi arrive à vivre une communion parfaite avec les ancêtres dont il entend la douce petite voix aussi clairement et distinctement qu’une oreille très attentive entend dans la savane un appel venant d’une clairière lointaine. Les ancêtres cheminent avec nous dans la vie de tous les jours, ils nous parlent, mais seule une oreille initiée peut les entendre ; notre foi trop faible nous empêche de discerner ces voix lointaines qui pourtant sont toujours si proches.

Les principales écoles initiatiques kôngo sont : le Kimpasi, le Lêmba et le Kinkimba. Ces écoles initiatiques kôngo avaient parfois d’autres noms dans d’autres contrées, mais quelle que soit l’appellation, chaque académie initiatique chez les Bena Kôngo, comme partout ailleurs chez les Négro-africains, s’inscrivait dans le cadre de l’un des courants que je vais décrire par les lignes qui suivent :

Le grand mystère kôngo est représenté par le Kimpasi, car le mystère de cette école visait essentiellement la formation des prophètes divins. Grâce à ses purifications rituelles effectuées à l’aide des ablutions constantes, le Kimpasi amenait ses initiés à être capables d’entendre les voix des ancêtres-saints et finalement à être à même de les voir et de parler avec eux comme un homme parle à son semblable. C’est ainsi que de l’académie initiatique Kimpasi sont sorties les grandes figures de la spiritualité kôngo de notre époque : Yaya Vita Kimpa et Mfumu Kimbangu.

Que le Kimpasi fût une académie de formation des prophètes divins se voit aussi au fait suivant : lors de la fondation du Royaume Kongo, le Roi Lukeni, s’allia avec le grand-prêtre Nsaku Ne Vunda, or celui-ci était de la région des Bampângu, dont le terroir est le fief du Kimpasi.

D’ailleurs le clan Nsaku est considéré dans la tradition kôngo comme le « N’singa wôlo wakulumukina Nzâmbi Ampûngu. » Batshikama explique cette expression comme suit : « Le sacré cordon en or par lequel descend Dieu Tout-Puissant. »; Ceci implique que Nsaku et ses descendants sont les agents des révélations venant du Dieu Très-Haut par l’entremise des ancêtres-saints, Nsaku est donc une lignée des prophètes. C’est toujours de ce clan que provenaient les grands-prêtres du Royaume Kôngo. Ainsi donc l’école qui régnait dans la région de  Bampangu ne pouvait-elle être qu’une école de formation des prophètes du mystère divin.

Sur le plan étymologique, le mot kimpasi vient du terme mpasi qui, dans le vieux kikôngo, veut dire la richesse.Or les Bakôngo évoluant dans une culture solaire, une culture centrée sur le divin, leur grande richesse ne peut être en réalité que la spiritualité. Ainsi le Kimpasi est-il l’école de la grande spiritualité ; c’est donc le Kimpasi qui est le garant de la formation des prophètes du mystère divin dans le milieu kôngo.

L'ECOLE MYSTIQUE LEMBA a

L'ECOLE MYSTIQUE LEMBA b

Le mystère civil par excellence au Royaume Kôngo est le Lemba. Le Lêmba est l’école initiatique qui dominait au Nord du Royaume Kôngo. Parlant de cette école Janzen nous révèle les descriptions suivantes : « Elle est décrite comme ayant été « une médecine du village », une médecine de la famille et de sa perpétuation » ; « une médecine de la fertilité » ; « la médecine sacrée de la manière de gouverner » (Lemba i n'kisi wangyadila) selon un chef ; « le contrôle de la multiplication et de la reproduction » (luyalu lua niekisa), par une ancienne femme de Lêmba ; et « la médecine sacrée qui unit le peuple, les villages et les marchés » (n'kisi wabundisa bantu, mavata ye mazandu), par un marchant contemporain et chef de clan qui a écrit une histoire locale. 

Sur le plan étymologique, le mot lêmba, vient du verbe lêmba qui veut dire apaiser. Le Lêmba avait donc pour tache de pacifier le pays en apaisant les forces négatives : maladie, crise, tension entre les Bena Kôngo, etc.

L’initiation martiale chez les Bakôngo était l’affaire de l’académie Kinkimba. Le mystère du Kinkîmba a régné en maître sur la côte ouest du Royaume Kôngo, depuis le territoire des Bayômbe (République démocratique du Congo), jusqu’au Luangu (République du Congo) en passant par les Bawoyo situés à l’embouchure du Fleuve Kongo.
Sur le plan étymologique, le terme kinkîmba vient du verbe kîmba qui veut dire courir et il montre que cette initiation était liée aux prouesses physiques. Que le Kinkîmba fût une académie militaire se voit au symbolisme du serpent qui lui est attaché. Chez les Bawoyo, à la fin de son initiation, l’élève du Kinkîmba devait être léché par un serpent vivant.

Mvog Ekang confirme que le serpent est le symbole de l’initiation martiale chez les Africains, dans la mesure où il écrit au sujet du python dans l’initiation So chez les Bétis du Cameroun : « Le rite de la liane-python était une formation à l’endurance dont l’équivalent est la formation militaire contemporaine. »

Le python (mboma) dans le Kinkîmba est le symbole de la force martiale de Tafumaluangu (Mahûngu), l’homme en qui se trouve le Kimahûngu, la complétude de Dieu ; complétude manifestée par la présence en lui de la nature mâle et femelle divines. A ce titre le python est lui-même représenté dans le ciel par l’arc-en-ciel. Car ce signe pacifique du Dieu Très-haut nous apparait dans le firmament sous la forme d’un arc multicolore éclatant mâle devant un autre arc mât femelle. L’arc-en-ciel manifeste donc la puissance du Verbe qui maitrise, dans les cieux, les forces de la nature pour la protection de l’humanité.
A propos du python (mboma) il faut rappeler aussi que le grand chef militaire s’appelle en kikôngo nkua mboma, ce qui donne en langue teke (Kikongo) : Ngamboma, le nom d’un grand chef militaire teke de Kinshasa.

Le système initiatique des Besikôngo avait maille à partir avec l’entreprise coloniale dès le début de l’intrusion des Occidentaux dans le quotidien des Négro africains.
L’incompréhension, les préjugées et la malice ont poussé les missionnaires et les laïcs occidentaux à travailler à la destruction de valeurs spirituelles kôngo perçues malheureusement par eux comme démoniaques, même si en réalité elles étaient souvent conservées comme de valeurs très précieuses destinées à truffer leurs musées outre-mer.

Cependant, il est à noter aussi que les Bakôngo sont parmi les rares Africains qui ont su, malgré cette poussée adverse multiséculaire, maintenir l’essentiel des enseignements initiatiques jusqu’aux années 1930, si bien que l’on trouve encore aujourd’hui des familles où la quintessence de savoir initiatique est encore transmise des parents à leurs progénitures. Cette situation est surtout vraie du Kimpasi qui pouvait bien être réduite à sa plus simple expression, à savoir : la sanctification de l’être.

La nation kôngo est donc aujourd’hui dans l’obligation sacrée d’aider les Négroafricains à retrouver la voie ancestrale menant à l’apogée du savoir et du pouvoir initiatiques. Il appartient donc au Bena Kôngo de donner à leurs frères et soeurs de race de l’Afrique et de la diaspora le sacré secret initiatique qu’ils ont eu l’insigne honneur de garder pour la prospérité de l’humanité à ce troisième millénaire.

BUNDU DIA KONGO est la version moderne des Anciennes Ecoles Initiatiques de l'EMPIRE KONGO DIA NTOTELA dont MFUMU MUANDA NSEMI est l'actuel NLONGI'A KONGO NE MAKANDALA !

Tous ses Disciplines appelés "Makesa mu Nzila Kôngo" sont devenus des Lumières du Monde (Kia Kua Nza) a dit Ntumua Mase !

MAKONGO ovo MAKABA écrit par NLONGI'A KONGO NE MAKANDALA NE MUANDA NSEMI

 

MAKONGO (4)

 

L'âme du  MAKONGO ovo MAKABA dit ceci :

- Mono Makaba : wakaba zola, ngangu ye lendo.

- C'est moi le Makaba qui donne l'amour, la lumière (l'intelligence) et le pouvoir.

Note : Ntumua Mase a utilisé un extrait du livre intitulé "Le Mythe de Nzala Mpanda" écrit par Kiatezua Lubandazio Luyaluka ... Ingeta ! Ibobo, Ibobo !