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Yenge kieno Makesa mu Nzila Kongo mu Amelika ye Nza yamvimba

Ancien Chef du département de laboratoire à l'Hôpital général de Kinshasa (ex-Mama Yemo), Ne Muanda Nsemi était aux études aux facultés des sciences (chimie) à l'Unikin (Université de Kinshasa) lorsqu'ont éclaté en 1969, les troubles des étudiants au début du régime Mobutu. Troubles qui ont été réprimés dans le sang, certains étudiants ayant été, en guise de sanction, enrôlés dans les Forces armées congolaises.

C'est durant cette période que Ne Muanda Nsemi dit avoir eu une vision dans sa chambre. Selon lui, il a été sacré, en 1969, instructeur des prêtres et des politiciens abordant la religion, la science et la politique, pour préparer l'avènement en Afrique d'une civilisation moderne particulièrement adaptée à la mentalité négro-africaine.

Le cas de Ne Muanda Nsemi, Fondateur de Bundu dia Kongo sort de l'ordinaire. Il mélange Politique, Science et Religion. Cette situation s'explique en partie par la crise que traverse le pays depuis l'écroulement du régime autoritaire du maréchal Mobutu.

Dans son droit de réponse adressé au journal La Référence Plus le 22 octobre 2002, le chargé de communication de Bundu Dia Kongo souligne que, dans la tradition ancestrale Kongo, lorsqu'une profonde crise sévit, le Nganga (prophète) exerce aussi le rôle politique jusqu'à la fin de la crise, moment où il remet le pouvoir (politique) au politicien qu'il sacre.

En cette période de profonde crise au Kongo Central, il sied de rappeler que Ne Muanda Nsemi a été choisi en 1969 par les vieux sages Ne Kongo pour être leader du peuple Ne Kongo dans un ConCongo-Kinshasa: Ne Muanda Nsemi, Chef Spirituel de Bundu dia Kongo : « L'homme noir doit commencer par se connaître soi-même avant de chercher à connaître les autres »

« L'homme noir doit commencer par se connaître soi-même avant de chercher à connaître les autres ». C'est bien ce que Ne Muanda Nsemi, Chef Spirituel de Bundu dia Kongo, recommande au peuple noir.


Après l'aspect politique, nous allons voir aussi l'aspect spirituel, ce que vous appelez Nsaku. A partir de quoi tirez-vous votre force ? Est-ce parce que vous êtes Spirituel, Religieux et Politique ?

Je vais vous dire une chose. La notion du Messager a un sens particulier dans la Tradition Kôngo. Messager signifie en Kikongo, Ntumua. C'est-à-dire, moi, je suis à Kinshasa, j'ai un message à transmettre à Mbuji-Mayi, je prends M. Nkazi (= un de ses proches collaborateurs), je l'envoie là-bas. Il est donc mon « Ntumua », l'envoyé pour aller apporter tel message.

Dans l'ancien temps, avant l'arrivée des colonisateurs, nous on ne parlait pas de prophètes chez nous, mais on disait « Ntumua ». On allait donner au peuple kongo une certaine culture qu'il allait infuser au coeur de l'Afrique centrale pour que celui-ci (le coeur) puisse devenir suffisamment préparé pour accueillir le Grand Justicier Mondial, un Extra-Terrestre, qui naîtra en Afrique centrale au temps prévu par le Seigneur.

Pour préparer son avènement, on avait choisi un peuple d'élite à qui on devait confier un certain message avec mission de le diffuser. Donc, en termes Extra-Terrestre, le Royaume Kongo avait la mission de kongoliser toute l'Afrique centrale. C'est l'introduction en Afrique Centrale d'une certaine culture divine issue de l'Etoile Kakongo. Parce que c'est de cette Etoile que proviendrait un Grand Etre appelé Nkua Tulendo qui viendrait changer l'axe du monde à partir du coeur de l'Afrique. Qu'est-ce que cela, c'est-à-dire changer l'axe du monde, signifie symboliquement ? Le prophète Simon Kimbangu a dit qu'un jour le Noir deviendrait blanc, et le blanc deviendrait noir. En fait, nous resterons comme nous sommes là des noirs, et les blancs resteront blancs

Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?

Vous savez, toute civilisation provient de quelque part. On la projette dans une communauté donnée parce que cette dernière a atteint des valeurs morales et spirituelles qui permettent à ce que les êtres de l'espace civilisateur puissent poser une certaine civilisation En ce moment-là, on monte, on monte et quand on atteint l'apogée, on commence à se prostituer, on commence à faire de l'homosexualité, à pratiquer toutes ces anti-valeurs qui font que le peuple qui est arrivé au sommet commence à dégringoler. Alors, les Etres de l'Espace projettent une autre civilisation et c'est un autre peuple qui va monter. Et en ce moment-là, Bandombe beka mindele. En d'autres termes, on aura changé l'axe du monde.

Mais parmi les messagers qu'on envoyait à l'époque du royaume du Kongo, il y avait ceux qui apparaissaient en tant que Nsaku, essentiellement parce qu'il y avait une crise foncièrement religieuse. Et là c'est un Nsaku. Lorsqu'il y a une crise technologique, un messager apparaît pour n'apporter que le message de Mpanzu. Tandis que quand la crise est politique, un messager apparaît et c'est Nzinga. Et puis à certaines périodes, quelqu'un vient et il apparaît en tant que Makandala, qui est la synthèse de tout.

A l'époque du Royaume du Kongo, le culte de miracle tel qu'il est fait aujourd'hui par les chrétiens n'existait pas. Si vous entrez dans la Bible, lorsque le Maître Jésus allait guérir un enfant, il avait dit à son père de n'en parler à personne. Mais aujourd'hui quand on fait un miracle, et on va faire un témoignage avec force publicité : « naleli na kombo ya Yezu ». Ce sont des conditionnements psychologiques : lorsqu'on a guéri quelqu'un, on va proclamer cela à la télévision. On déclenche un mécanisme psychologique de la foi. Si vous pouvez avoir une foi intense, vous risquez d'être guéri et dire que c'est ce tel qui vous a guéri alors qu'en fait il n'avait pas de pouvoir pour vous guérir.

Je vous assure, aucun Grand Maître, allez en Asie, en Europe, ne viendra dans la rue pour dire : « moi je fais de miracles, venez voir ». C'est toujours d'une manière très anodine qu'ils opèrent. Donc, aucun grand Etre, ni Dalaï Lama ne mettra au-devant des phénomènes merveilleux soi-disant pour démontrer je ne sais quoi. Tous ceux qui le font, comme on le vit aujourd'hui, sont des charlatans.

Ceux qui m'ont côtoyé savent que de temps en temps, on arrive à faire ceci ou à faire cela. J'avais prédit beaucoup de choses, notamment sur Tshisekedi, au début des années 90. J'avais dit qu'il ne règnerait pas en ce moment-là. Cela avait fait énormément de tollé parce qu'à cette époque Tshisekedi était extrêmement populaire. J'avais dit des choses sur le Dialogue intercongolais, sur Laurent Désiré Kabila. De toute façon, à chaque grand tournant de l'histoire de ce pays, j'ai toujours fait une déclaration. Quand les gens sont allés à Sun City, je leur avais dit que c'était un dialogue inutile. Au lieu d'aller gaspiller beaucoup d'argent, il y avait moyen de faire autrement pour résoudre nos problèmes. Les gens ne m'ont pas cru. Par ailleurs, j'ai été parmi les premiers à avoir tenu une conférence de presse pour fustiger le président de la Cei. Et la suite ? Aujourd'hui, tout le monde s'en prend à lui, le vilipende

Quand on voit l'histoire de beaucoup de peuples, on se rend compte qu'il n'y a que le peuple noir qui a tant souffert. Il a été vendu comme des bêtes, avec la complicité de ses propres chefs coutumiers ou indigènes. Y avez-vous une explication ?

Vous savez, le tout dépend de votre point de repère. Parce que lorsqu'on mène des études, on peut dire partant de 1960 à 2006. Mais alors si vous observez certains phénomènes qui se passent en cette période, naturellement vous allez tirer des conclusions qui seront valables dans l'espace du temps prévu. Mais une autre personne qui, elle, part de 1921 à 2006, elle risque de tirer d'autres conclusions. Et celui qui va plus loin risque encore de tirer d'autres conclusions.

Vous ne regardez que la courte petite période de l'histoire de l'humanité depuis le 15ème siècle colonial jusqu'aujourd'hui. Mais quand vous allez plus loin, quand vous plongez dans le passé lointain des peuples d'Europe ou d'Asie, ce que vous venez de dire là qui est parfaitement vrai, ne l'est plus.

Il faut commencer par se connaître soi-même avant de connaître les autres. Mais quand vous ne commencez pas par vous connaître vous-même et que vous êtes imbu des autres, vous risquez de vous perdre et de croire à des choses qui sont fausses.

Je vais vous donner un exemple. A un moment, les Blancs se vantaient que c'est eux qui avaient découvert les médicaments, mais actuellement on encourage la recherche pharmaceutique afin de fabriquer de nouveaux médicaments à base de plantes médicinales. Prenons le cas du sida. Mon frère, ce vieillard de ton village qui connaît toutes ces plantes médicinales, qui dit aux Blancs qu'en cas de fièvre, il faut prendre ceci ; qu'en en cas de diarrhée il faut prendre cela et ça tombe juste, vous croyez que ce vieillard qui a donné les données premières, n'a pas participé à la découverte de ce nouveau médicament ?

Comment vos vieillards illettrés ont-ils découvert ces plantes médicinales qui soignent les maladies ? Et pourtant, ils n'avaient pas d'ordinateur. J'ai toujours donné l'exemple de la loi actuelle de la réaction découverte par Isaac Newton. Cette loi dit qu'à chaque action correspond une force de réaction égale. C'est la loi par laquelle les avions à réaction ou les fusées fonctionnent. On prend le réservoir, on brûle du combustible, les gaz sortent en arrière, actionnent la réaction et l'avion va de l'avant. Lorsqu'on dit que ce sont eux qui ont découvert, je vous assure que ce n'est pas vrai. J'ai été à une conférence à la faculté des sciences. J'ai posé aux professeurs la question de savoir quand Isaac Newton a fait sa découverte.

Ils m'ont répondu que c'était au 19ème siècle. Je leur ai rétorqué : mais quand Diego Caô est-il arrivé au royaume du Kongo ? En 1482. Dans son rapport de mission, Diego Caô a écrit ceci : « aussitôt que mon navire est arrivé à Mpinda, à Soyo en Angola, des centaines de guerriers bakongo, dans leurs pirogues, avec leurs flèches, sont venus l'aborder ». Je leur ai dit ceci : « Or, monsieur le professeur, selon quel principe la pirogue fonctionne-t-elle ? Vous envoyez l'eau en arrière, actionne la réaction et la pirogue va en avant. Entre Isaac Newton qui a découvert cette loi au 19ème siècle et les Noirs qui, au 15 ème siècle, exploitaient déjà cette loi, qui l'ont connue avant ? Sincérité oblige, les professeurs ont reconnu que les Noirs avaient connu cette loi bien avant Isaac Newton.

Avez-vous autre chose à ajouter, toujours sur ce registre ?

Un autre exemple : votre organe sexuel, c'est devant qu'il se trouve. Mais quand il ne fonctionne pas, qu'est-ce qu'on dit : tala mukongo ekufa. Lorsque votre organe ne marche pas, on vous dit que c'est derrière que se trouve le problème. Ce sont nos ancêtres qui ont dit cela. Effectivement, la science moderne découvre que les nerfs qui actionnent votre appareil se trouve dans le dos. Mais comment vos ancêtres qui n'avaient pas d'appareil voient les nerfs et découvrent que c'est à ce niveau que se trouve le problème. Ils avaient une méthode de la recherche scientifique qui est tout à fait différente de la méthode actuelle et qui leur ont permis d'obtenir les mêmes résultats que ceux qui manipulent les ordinateurs et les appareils sophistiqués.

Dans l'histoire de l'humanité, il y a l'Egypte. Cheik Anta Diop a fait des découvertes, pas d'une manière suppositoire. Mais lorsqu'on a pris les restes de Pharaon et qu'on les a testés, ils étaient des Noirs. Il fut un moment où l'Egypte était la première civilisation mondiale. L'Egypte a colonisé beaucoup de pays d'Asie. Et tous ces esclaves qui venaient travailler en Egypte ? Certains de ces esclaves c'était les Hébreux que Moïse va faire sortir du joug égyptien. Thalès Pythagore, savant grec, a été formé en Egypte. Si vous allez à la bibliothèque en Grèce, vous allez découvrir ce que Pythagore, décrivant son séjour en Egypte, avait écrit à ses parents : « Je suis bien arrivé à Alexandrie en Egypte. Mes professeurs sont des Noirs de grande taille. Mais ils ont des connaissances inouïes ». Et il a continué à les décrire...

C'est pourquoi je vous ai fait remarquer que vous avez raison en disant que ce sont les Noirs qui ont toujours subi dans la mesure où vous étudiez l'espace de temps compris entre le 15ème siècle et aujourd'hui. Mais lorsque vous allez au-delà, vous allez constater que tel blanc, tel blanc a été aussi dominé par les Noirs, etc. C'est une question d'espace de temps que nous étudions le Kongo Fédéral.

Note : Interview réalisé par Freddy Mulumba Kabuayi à Kinshasa, le 14 Févier 2007.